L’alliance présente sa façade

L’alliance présente sa façade

par Nefla B., Le Jeune Indépendant, 19 février 2005

Tout en affichant la façade de l’alliance, les trois chefs des partis, FLN, MSP et RND, qui composent cette entité née à la veille de la présidentielle de 2004, ont fini tout de même par reconnaître, même d’une manière implicite, les «quelques» divergences qui la minent.

Si, pour l’amnistie générale, les Belkhadem, Aboudjerra et Ouyahia ont préféré officiellement, peut-être, remettre le débat à plus tard, se contentant de se limiter à la réconciliation nationale, pour le code de la famille, Aboudjerra a été très clair : «On s’en remettra au peuple».

De quelle manière ? Il ne le dit pas. Par le biais de ses représentants au sein du Parlement ou par voie référendaire, comme il l’a revendiqué auparavant, il ne le dit pas non plus. «Lors de la précédente conférence de presse de l’alliance, M. Ouyahia avait déclaré que lors des discussions sur le code de la famille des divergences pourraient survenir.

Le dernier mot revient au peuple, et nous allons nous soumettre à la volonté populaire», a t-il déclaré lors de la conférence de presse tenue hier à l’issue de la réunion, et au cours de laquelle les trois hommes n’ont eu de cesse de répéter leur slogan du jour : «L’alliance est là et elle demeurera».

«Si vous pensez aux divergences lors de l’adoption de la loi de finances, c’est une chose ordinaire, et je vous défie de me citer un seul pays où il n’y a pas ce genre de débat contradictoire. Nous nous sommes mis d’accord sur un programme, mais nous n’avons pas abandonné nos programmes respectifs», a affirmé Ouyahia pour justifier les divergences apparues dans les positions des trois formations.

Aboudjerra devait prendre le relais pour dire que l’alliance ne signifie pas une fusion des partis concernés. «Vous ne trouverez pas un parti agréé sous le nom de l’alliance présidentielle. Nous nous sommes mis d’accord sur des principes et des objectifs tout en gardant l’indépendance de chaque parti, lequel est libre d’afficher ses positions sans porter atteinte à la charte signée entre les trois formations politiques.

Les divergences ne concernent pas les points de convergence consignés dans la charte», a-t-il explicité.«Les dirigeants des trois partis vont se rencontrer pour l’élaboration du règlement intérieur, ses bilans et ses perspectives pour 2005 ainsi que les mécanismes de son fonctionnement», a déclaré Belkhadem dans sa première sortie officielle sous la casquette de secrétaire général du FLN.

Est-ce que l’alliance présidentielle est ouverte à d’autres formations politiques ? La réplique diplomatique de Belkhadem ne se fait pas attendre. Tout parti voulant rejoindre le groupe des trois doit répondre à un préalable : «Notre alliance est basée sur des idéaux et des principes, depuis le 16 février, date de sa création, et ce jour-là nous n’avons pas limité le nombre de sa composante.

Elle ne sera ouverte qu’aux partis [dont les positions] convergent avec les nôtre. Toutefois, nous examinerons toute demande.» A la question de connaître les priorités au sein de cette alliance, le secrétaire général du RND réponda : «L’Algérie».

«Et la réconciliation nationale, et l’amnistie générale ? ont insisté les journalistes. «La réconciliation nationale constitue un axe et un idéal dans la déclaration politique d’aujourd’hui», rétorque Belkhadem. Et l’amnistie générale ? demandent plusieurs journalistes à la fois.

«Allez lire la déclaration», a rappelé Ouyahia avant de clore la conférence de presse en demandant à Aboudjerra, le président du MSP, de répondre à la dernière question. «M. Belkhadem a des engagements», a noté le secrétaire général du RND et non moins chef de gouvernement.

N. B.