A. Ould Adda: «Des contacts avec les autorités algériennes existent»

ABDELKRIM OULD ADDA CONFIRME À L’EXPRESSION

«Des contacts avec les autorités algériennes existent»

L’Expression, 21 septembre 2005

Les responsables de l’ex-FIS à l’étranger s’inscrivent aujourd’hui dans une perspective de paix résolument affichée.

Les responsables de l’ex-FIS, issus de l’Instance exécutive du parti à l’étranger, confirment l’existence de contacts avec les plus hautes autorités du pays en vue d’aboutir à une adhésion totale au projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale élaboré par le président de la République Abdelaziz Bouteflika.
Abdelkrim Ould Adda, porte-parole de l’ex-FIS à l’étranger, dit que des contacts existent bel et bien avec des personnalités et émissaires importants de l’Etat algérien, sans préciser lesquels.
Quitus pour Bouteflika

Dans un communiqué cosigné par Rabah Kébir, Abdelkrim Guemati, Abdelkrim Ould Adda, Hocine Ben Abderrahmane, Ferhat Mechouek et Larbi Noui, l’instance exécutive de l’ex-FIS à l’étranger prend acte du projet de charte élaboré par le président de la République et affirme son adhésion totale à l’offre de paix de Bouteflika. «Nous n’avons pas cessé d’appeler à la paix depuis des années et à l’arrêt de l’effusion de sang en essayant de réorienter l’Etat vers une démarche politique de paix et de réconciliation (…) c’était ce qui nous a menés à appuyer la trêve de l’AIS de 1997 et l’option de concorde civile de l’année 2000, après avoir soutenu à fond l’élection de Abdelaziz Bouteflika…Notre étude du projet de charte nous pousse encore aujourd’hui à croire en la sincérité du président et en l’utilité, voire la nécessité impérieuse de faire aboutir cette réconciliation nationale (…) et nous pousse aussi à lancer un appel en direction de ceux qui restent en armes dans les maquis à cesser les hostilités et à répondre à l’appel de la paix, du bien et de la réconciliation (…) et à lancer aussi un appel appuyé à voter massivement pour la paix afin d’obstruer toutes les issues par lesquelles peuvent s’engouffrer les ennemis de l’Algérie. ».

Les leaders de l’ex-FIS représentant l’Instance exécutive du parti à l’étranger ont été les premiers à applaudir le projet de charte, dévoilé par le président de la République le 14 août dernier, à l’occasion de son discours prononcé devant les cadres de la nation. Tour à tour, Rabah Kébir et Abdelkrim Ould Adda s’étaient exprimés dans les colonnes de L’Expression pour donner une «caution intégrale» à l’offre de paix proposée par le président de la République. Président de l’instance et porte-parole du parti à l’étranger, ils avaient estimé que la paix est «une occasion unique à ne pas gâcher» et que les critiques qu’ils peuvent porter aux énoncés de la charte sont secondaires et peuvent être discutées une fois la paix revenue et les armes tues. Ould Adda avait même poussé les choses jusqu’à dire qu’il était «prêt à sacrifier le FIS, si cela pouvait amener la paix en Algérie».
Enfant de Cherchell et figurant dans l’intelligentsia du parti, Abdelkrim Guemati est lui aussi partie prenante de l’offre de paix. Connu pour ses écrits critiques et ses entretiens dans lesquels il faisait une radioscopie de la violence, Guemati prend acte de l’offre de paix et marque lui aussi son adhésion, tout comme Hocine Ben Abderrahmane, Ferhat Mechouek et Larbi Noui.
Logique avec ses positions affichées depuis 1997 et son soutien à la trêve décrétée par l’ex-Armée islamique du salut (AIS, branche armée du FIS, en trêve depuis le 1er octobre 1997 et autodissoute depuis le 13 janvier 2000, ndlr), le groupe de Rabah Kébir ne cherche aujourd’hui ni à obtenir des concessions politiques, ni à décrocher une solution négociée, mais seulement à dire qu’il est temps de faire la paix. C’est presque une adhésion inconditionnelle et sans compromis qu’ils proposent au président Bouteflika.
Une sorte d’aggiornamento que les islamistes de l’ex-FIS élaborent pour ne pas passer à côté d’une chance historique de devenir associés à un projet qui peut pacifier les Algériens.

Fayçal OUKACI