Abdelhamid Mehri «invite» Bouteflika à donner un contenu au concept de réconciliation nationale

Abdelhamid Mehri «invite» Bouteflika à donner un contenu au concept de réconciliation nationale

 

par Nefla B. , Le Jeune Indépendant, 7 novembre 2004

L’idée d’organiser un référendum sur l’amnistie générale, comme préconisée par Bouteflika, semble être restée sans écho chez l’ancien secrétaire général du FLN, M. Abdelhamid Mehri. Celui-ci estime que l’amnistie est une démarche technique qui ne peut pas se substituer à la réconciliation nationale, laquelle est autrement perçue.

L’un des signataires du contrat national de Rome amorce son retour sur la scène politique par des propositions concrètes concernant la réconciliation, dont beaucoup de personnalités ont fait leur cheval de bataille. C’est la première personnalité à expliciter le concept et la démarche de réconciliation nationale qu’elle prône et préconise comme orientation politique générale du pays.

«L’amnistie est une prérogative du président de la République, qui peut la décréter, et l’amnistie générale, constitutionnellement, requiert l’aval de l’Assemblée populaire nationale. La réconciliation, c’est autre chose», a-t-il déclaré dans un entretien accordé au journal arabophone Saout El Ahrar.

M. Mehri définit la réconciliation comme étant l’aboutissement d’un consensus national entre tous les animateurs politiques influents dans la société pour arriver à résoudre les problèmes, non seulement ceux issus de la crise mais aussi ceux qui étaient à son origine.

Dans la perception de l’ex-secrétaire général du FLN, le référendum sur l’amnistie générale peut être le couronnement de la réconciliation. «La réconciliation comme je la conçois n’a pas besoin de référendum (…) Le chemin est pénible, il nécessite de la patience, de la ruse politique et de l’audace, et de traiter avec tous les animateurs politiques.

La réconciliation ne peut être une décision horizontale ou individuelle», a-t-il expliqué. Il met comme préalable à cette démarche le débat autour des questions importantes intéressant la nation, des questions ayant engendré la crise, et la mouture finale sera soumise au peuple par voie référendaire.

«Ceci si l’on veut lier la réconciliation au référendum», précise-t-il cependant. «La réconciliation est politique», insiste Mehri, disant qu’il serait difficile de dire que l’amnistie générale est la réconciliation du fait qu’elle constitue un mécanisme technique, alors que la politique qu’exige la réalité est une sortie de crise.

A son tour, il demande à tous ceux qui ont brandi comme slogan électoral la réconciliation nationale, et en premier lieu le président de la République, de donner les contours et le contenu de ce concept. «Maintenant que les élections sont passées, il est préférable que nous donnions aux mots un sens défini et clair, condition sine qua non pour qu’on soit d’accord ou pas» a-t-il ajouté dans une allusion à peine voilée à celui qui s’est déclaré seul promoteur de cette réconciliation.

Fidèle à ses positions, il n’exclura pas le FIS dissous de «sa» réconciliation puisqu’il juge nécessaire de traiter avec toutes les forces de la société. «La sagesse, la réalité et l’efficacité appellent à l’implication de toutes les parties», a-t-il déclaré, estimant aussi que le FIS dissous qui n’existe pas en tant qu’entité existe en tant que réalité sociale et politique.

Abdelhamid Mehri estime que la réconciliation nationale est une revendication émanant du peuple et que le Président a adoptée. Une revendication qui demeure toujours de mise, selon lui.

N. B