Pour l’établissement d’une Commission Vérité en Algérie

Pour l’établissement d’une Commission Vérité en Algérie

21 mars 2007

Le Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie, SOS Disparu(e)s, Djazairouna, l’ANFD et Somoud, réunis en séminaire à Bruxelles les 18 et 19 mars 2007 avec le soutien de la FIDH, proposent une série de recommandations communes visant à l’établissement d’une Commission pour la Vérité, la Paix et la Conciliation.

Face à l’absence de réponses satisfaisantes apportées par la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale, les associations de victimes de l’Etat et des groupes armés islamistes, longtemps divisées, ont trouvé un consensus sur la nécessité d’établir une Commission pour la Vérité, la Paix et la Conciliation (CVPC) en Algérie afin de répondre au besoin de vérité et de réparation pour toutes les victimes des violations des droits de l’Homme en Algérie.

Le séminaire a rassemblé une soixantaine de personnes parmi lesquelles des familles de victimes, des représentants d’ONG, des intellectuels algériens, des avocats et des experts internationaux de la justice transitionnelle.

Réunis d’abord en session plénière, les participants ont pu s’exprimer sur la situation des victimes du conflit algérien et ont analysé les textes d’application de la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale. Plusieurs experts internationaux ont fait partager leurs expériences de justice transitionnelle dans d’autres pays comme le Chili, le Pérou, le Maroc, le Rwanda, la Colombie et l’Afrique du Sud. Regroupés en deux ateliers, les participants ont ensuite discuté de la nécessité et des modalités de l’établissement d’une Commission Vérité en Algérie. Les deux jours de débats ont en effet permis d’affirmer que la solution la plus adaptée au contexte dramatique algérien passait par l’instauration d’une justice transitionnelle. Ce processus doit être précédé par des débats publics initiés par les victimes et leurs représentants et soutenu par les autorités.

La Coalition des Associations de Victimes exhortent les plus hautes instances du pays à : Cesser d’entraver toutes formes d’expression des victimes et des associations les représentant. Soutenir les représentants des associations dans leurs démarches pour l’instauration d’une justice transitionnelle. Abroger l’ordonnance de mise en oeuvre de la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale qui instaure le déni de tout droit à la justice, à la vérité et à libre expression. Lancer un processus institutionnel pour la mise en place d’une Commission pour la Vérité, la Paix et la Conciliation respectueuse des devoirs de Justice, de Vérité, de Mémoire, de Dignité et de Réparation. Garantir la non-répétition des crimes base essentielle à une paix réelle et durable.