Coup d’envoi de l’indemnisation des victimes de la tragédie nationale

Coup d’envoi de l’indemnisation des victimes de la tragédie nationale

Un million de dinars pour chaque famille

par Nassima Oulebsir, Le Jeune Indépendant, 25 septembre 2006

Le coup d’envoi de l’opération d’indemnisation des victimes de la tragédie nationale, a été donné hier par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale. Pour une enveloppe de 2,6 milliards de dinars, 2 640 familles vont en bénéficier, au niveau de 22 wilayas.

Le ministre en charge de ce dossier donne libre choix aux familles quant aux modalités de versement. C’est hier que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale a entamé l’opération d’indemnisation des victimes de la tragédie nationale, tâche qui relève de son département.

2 640 familles sont appelées à bénéficier de cette opération tant attendue. Pour chaque famille, le ministère accordera une indemnisation de 1 million de dinars. A chacune de ces familles, le choix est laissé entre un versement intégral ou par mensualité.

Les familles concernées sont uniquement celles qui sont démunies et dont un de leurs membres était terroriste. Pour le moment, seules 22 wilayas sont concernées, c’est-à-dire celles où l’opération de recensement est achevée, selon les propos du ministre de la Solidarité nationale, invité, hier, de l’émission «En toute franchise», de la chaîne III de la radio nationale.

Il s’agit, entre autres, de Tébessa, Blida, Mostaganem, Djelfa, Boumerdès, Saïda, Aïn Defla, Adrar, Médéa, Batna, Adrar et El-Oued. Les autres wilayas seront évidemment concernées dans les semaines à venir, puisque l’enquête est toujours en cours, selon le ministre.

Les instructions sont déjà données, dit-il, pour poursuivre cette opération. Une opération qui sera clôturée, du moins pour cette première partie, à la fin de novembre, explique M. Ould Abbas. Combien cela coûtera-t-il ? Sur une enveloppe de plus de 15 milliards de dinars allouée à ce département, 2, 6 milliards seront déboursés pour cette première opération.

Toujours en termes de chiffres, le département d’Ould Abbas a recensé 6 952 demandes d’indemnisation, dont 2 640 ont été validées, à ce jour. Le ministre, qui s’est refusé à entrer dans le détail concernant le sort des travailleurs licenciés, a beaucoup insisté sur la prise en charge sociale et psychologique de ces familles.

800 équipes ont été mises en place, rassure-t-il. Elles sont composées de sociologues et de psychologues, pour assurer pleinement leur mission de thérapie de groupe. Car, promet-il, le ministère prendra en charge cette question au cas par cas.

«Le problème des familles des disparus n’existe plus» Le dossier des disparus serait définitivement réglé, a déclaré M. Ould Abbas, au moment où les associations de ces familles continuent de hausser le ton. Il s’agit, pour lui, d’une «minorité qui refuse l’indemnisation».

Tous les dossiers des disparus ont été traités au niveau du ministère de la Justice. Pour ces personnes, les PV de décès ont été délivrés, a rassuré le ministre, qui explique que son département est toujours disponible pour recevoir, le cas échéant, ces familles.

Contrairement à ce qui a été déjà dit et même confirmé par M. Farouk Ksentini sur la responsabilité de l’Etat à propos des disparus, M. Ould Abbas soutient que l’Etat n’est pas responsable de la disparition des personnes. «Ce qui a été dit s’inscrit en faux par rapport à la réalité», argue-t-il.

N. O.