Déclaration du RAJ

Association Nationale de Jeunes.
Rassemblement Actions Jeunesse.
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Alger le 06 Septembre2005

 

Déclaration du RAJ

Dhakir (rappel)
« Pitié pour la Nation dont chaque partie prétend être la Nation à elle toute seule ».

C’est par cette « maxime » de Gibran Khalil Gibran qu’en 1995 déjà, le RAJ avait affirmé par une pétition nationale son vœu et sa volonté de voir s’instaurer une véritable politique responsable qui par la voie démocratique mènera à une réconciliation véritable.

Aujourd’hui est soumise au peuple Algérien, une charte dite de « la paix et la réconciliation », une charte élaborée par la seule autorité, sans concertation ni débats (du moins transparent et public) avec les autres forces politiques et sociales du pays. Une charte dont la principale lacune et non des moindres est la négation à tous les Algériens (es) de leurs droit légitime et salvateur de connaître les raisons véritables et les différents instigateurs et acteurs de leurs souffrances, de leurs pleurs et de la douleur qui est la leurs depuis un certain Janvier 1992.

Des dizaines de milliers de morts , des milliers de disparitions forcées , des destructions de biens publics et privés , des déplacés en masse ; et voila que maintenant au travers cette charte l’on demande au peuple de pardonner, de tournée la page ………. sans l’avoir lue !.
Comment et à qui pardonner ?. Comment le faire tant que la vérité ne lève pas le voile sur les présumés coupables et que la justice n’est pas rendue ?!. La réconciliation, la paix et pas seulement la sécurité ne peuvent êtres, malgré toutes les affirmations des tenants de l’oubli et de l’amnésie volontaire, si la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ne voit le jour et que justice ne soit rendue. Il n’est point question de haine ou de vengeance, seulement de justice. Il n’est nulle question de punir pour le plaisir MAIS en même temps il n’est pas plus question d’accepter que soit renvoyés dos à dos la victime et son bourreau. Non nous ne nous déclarerons pas fautif de fautes que nous n’avons pas commises. Nous ne sommes pas responsables de tout ce qu’a connue le peuple Algérien dans ces années d’horreur et de sang versé, il y a les degrés de responsabilités qui doivent et devront êtres établis.
Cette charte, en niant ces parts de responsabilités, en niant la vérité qui pourra faire que la justice soit rendue à tout un chacun, en amnésiant même sans le dire les exécutants des crimes et leurs « souteneurs », cette charte ne peut et ne pourra changer véritablement la donne pour que la paix soit retrouvée, mais c’est peut être cela qui est recherché ?!. « On ne peut cacher le Soleil avec un tamis » dit un proverbe populaire Algérien, ce qui veut dire que tôt ou tard la vérité éclatera.
Cette charte est telle ce serpent qui se mort la queue, elle fait que nous Algériens (es) tourneront en rond encore et encore, broyant la douleur qui est la nôtre et qui risque fortement d’alimenter l’animosité des victimes et le temps faisant peut faire resurgir ce cauchemar vécu depuis le début des années 90. La sagesse ne peut être dans l’oubli mais dans la seule et révolutionnaire vérité, à même de faire la justice, de rétablir la paix et NON de la décrétée.
Nul ne peut être à lui seul le sauveur suprême, nous et ensemble pouvons nous sauvés de cet hydre dont la violence est la matrice. Si cela n’intervient pas aujourd’hui, et par cette charte ça ne sera pas le cas, un jour, plutôt tôt que tard viendra ou le salut commun interviendra. Cela est une vérité historique.
Pour ces raisons et pour tant d’autres, nous membres du RAJ, enRAjés(ées) pour la justice, la liberté, la démocratie et donc la Paix ; fidèles à nous même, à nos revendications et à notre orientation depuis si longtemps et au prix de tant de luttes, de souffrances et d’injustices commises à notre encontre, ne pouvons nous satisfaire et applaudir à cette charte ( malgré toutes les menaces proférés) , charte qui instaure l’impunité pour les responsables, tous les responsables de cette tragédie nationale. Cette charte qui nie la justice au peuple, à tout le peuple. Cette charte qui fait que tout se maintiendra en l’état.

Responsables et lucides, nous rejetons cette charte en disant NON, NON et trois fois NON.

Pour ce qui concerne le jour du 29 Septembre, comment peut on appeler les Algériens (es) à exprimer leurs refus de cette charte en mettant le bulletin blanc de paix expriment le NON dans l’urne ? !. Dilemme.

Quant l’état d’urgence, négation même de la liberté est encore en vigueur. Quant un parti partisan du OUI a à lui seul accès à 900 meetings et que ceux qui rejettent cette charte ne peuvent avoir accès même pas à quelques réunions publics. Quant le média lourd, si lourd qu’est l’ENTV ne montre ou ne fait parler que les partisans du OUI de l’amnésie. Quant le président, des chefs de partis et ministres de surcroît profèrent des menaces pour l’après 29 Septembre, nient à une partie des Algériens (es) leurs Algériannités s’ils s’expriment par le NON. Peut on croire alors, qu’ils sont pour la réconciliation, ceux qui profèrent toutes ces insultes, ces menaces, ces injustices envers celles et ceux Algériens (es) comme eux mais qui simplement ne sont pas d’accord avec eux ?!.
La réconciliation ne peut intervenir que par la Démocratie. Comme une partie du peuple et ses représentants ne peuvent parler librement pour expliquer leurs positions et donner leurs arguments. Il n y donc point de Démocratie, de fait le résultat est déjà arrêté.

Au vu de toutes ces entraves à la liberté, aux libertés, au RAJ et malgré notre ferme rejet de cette charte, nous laissons libre chois dans la manière dont s’exprimera le rejet ; par le Non dans l’urne, le boycott et même par l’abstention.

La conscience de tout un chacun est interpellée, nous avons a nous positionner pour ou contre la mémoire des victimes, toutes les victimes. Ce n’est pas chose aisée, mais nous, nous avons choisis que vive la mémoire de toutes ces victimes, la mémoire de tout le peuple Algérien, notre mémoire collective en rejettent cette charte, sa démarche passée et ses conséquences à venir, malgré tous les risques qui pèsent sur nous, partisans du NON.

Quoi qu’ils nous en coûteras, ceci est notre prix payé pour la LIBERTE, la JUSTICE et la DIGNITE.

« Issus d’un peuple qui a beaucoup souffert, nous somme issus d’in peuple qui ne veut plus souffrir ».

Association Nationale RAJ