Chlef: La population s’exprime : l’avenir est plus important

Chlef

La population s’exprime : l’avenir est plus important

Par M. A., La Tribune, 9 février 2005

Chlef, cette wilaya qui a souvent fait la une des journaux durant la décade rouge par ses nombreux massacres qui ont secoué son vaste territoire, s’ occupe, ces derniers temps, de son développement pour garantir un avenir meilleur à sa population qui essaye par tous les moyens d’oublier un passé douloureux inscrit à jamais dans l’histoire du pays. Notre contact avec cette population pour connaître son opinion sur l’amnistie générale et la réconciliation nationale nous a permis de distinguer deux visions complètement différentes. Pour l’une, l’Algérie doit prendre un nouveau départ en tournant la maudite page du passé et ce, en optant pour une vraie réconciliation nationale et une amnistie générale même si l’amnistie générale demeure encore pour plusieurs citoyens une démarche très vague qui exige un éclaircissement sur son contenu. D’après Abed, la réconciliation nationale est une bonne démarche dans le chemin vers une paix durable qui permettra au pays de se stabiliser et opter pour un développement. En revanche, pour ce même citoyen, l’amnistie générale, certes, contribue à tourner une page mais il s’est demandé comment et pourquoi. Un autre citoyen dira à ce sujet : «Le passé, c’est fini, aujourd’hui si on opte pour l’ amnistie générale, elle doit toucher tous les citoyens.» Nacer, dans ce même contexte, a préféré ne pas se prononcer avant d’avoir entre les mains le contenu de l’amnistie générale. A Sidi Akacha, à Chlef ville ou à Ténès, la vision est semblable. En revanche, une partie de la population est ferme, elle ne veut pas pardonner et demande que chacun soit jugé sur ses actes avant d’opter pour l’amnistie générale afin que l’histoire s’écrive correctement, ensuite toute démarche est la bienvenue. A l’est de Chlef, à Oued Fodda exactement, une commune qui jadis a été sous le contrôle des terroristes un bon moment avant que les services de sécurité combinés la reprenne, la population qui a beaucoup souffert ne veut plus se rappeler les années noires où la peur s’était même installée dans le tissu urbain de cette commune traversée par la RN4 qui relie Alger-Oran et préfère se tourner vers l’avenir. La paix, un emploi et un logement feront baisser de beaucoup la tension chez les citoyens. Khaled dira à ce sujet : «Place à la haine, le citoyen ne pensera qu’à lui-même s’il n’a pas de travail, de logement. Comment veux-tu qu’il pardonne à des personnes qui ont brisé sa vie ?» Par ailleurs, d’autres citoyens, en s’exprimant sur l’amnistie générale, ont soulevé le cas des disparus. Pour eux, toute la lumière doitêtre faite sur les raisons et les auteurs avant de parler de ses dispositions particulières qui, si elles passent ainsi, marqueront à jamais leurs auteurs. En somme, à Chlef, une grande partie de la population semble prête à pardonner et opter pour une réconciliation nationale et une amnistie générale. Par ailleurs, la partie restante s’interroge sur les mécanismes de ces démarches qui permettent d’oublier le passé sombre et tourner la page.

M. A.