Ain Defla : Oui, mais comment et pour qui ?

Ain Defla

Oui, mais comment et pour qui ?

Par Madani Azzeddine, La Tribune, 9 février 2005

La wilaya de Aïn Defla, qui a été très marquée par les actes terroristes et une peur terrible durant une dizaine d’années, vu ses reliefs accidentés et ses deux chaînes montagneuses qui offraient l’endroit idéal aux groupes armés pour se réfugier et préparer leurs attentats contre les civils dans les quatre coins du territoire de Ain Defla, vient de retrouver le calme et la sécurité après un combat très long et dur ayant vu la participation de l’ ensemble des forces de sécurité ainsi que des citoyens qui, en portant les armes, ont placé l’intérêt de la sauvegarde du pays avant tout, vu la gravité de la situation.Aujourd’hui, de Oued Chorfa situé à l’extrême sud-est et jusqu’à Bathia et Mayaine, deux communes localisées au sud-ouest, la vie reprend son cours normal. Les citoyens qui avaient déserté leurs habitations et douars sont rentrés chez eux après plusieurs années de refugeà proximité des tissus urbains.Certains de ces citoyens, interrogés sur la réconciliation nationale et l’amnistie générale, trouvent que c’est une bonne initiative de réconcilier le peuple pour l’instauration d’une paix globale entre Algériens. Selon Ahmed, on est tous Algériens : «Il y a ceux qui par erreur ont porté les armes contre nous, regrettent aujourd’hui leurs actes et veulent retrouver le bon chemin, on leur pardonne». Djillali, un père de famille qui a perdu plusieurs de ses enfants dans des attaques terroristes, voit autrement. Pour lui, Bouteflika veut traiter le problème une fois pour toutes dans l’intérêt général. Sur ce point, Djillali dit :«Bouteflika a été très clair en disant aux repentis ‘‘rentrez dans le rang’’», avant d’ajouter : «J’ai perdu mes enfants, certes, mais il reste ceux qui veulent vivre dans une Algérie marquée par une paix globale.» De l’avis des citoyens qui ont vécu dans des zones très dangereuses, il semble que le calme et la sécurité sont très importants pour une vie normale. Mohamed trouve que c’est grâce au président de la République et à ses démarches que la situation s’est améliorée rapidement. «Je lui fais confiance», dira-t-il avant de s’arrêter de parler comme si des souvenirs lui revenaient, sûrement douloureux. Très rapidement il se reprend pour dire : «Nous voulons finir nos jours en paix, c’est notre vœu et celui de nos enfants.»Par ailleurs, de Hamam Righa, à l’extrême nord-est, à Tachta, commune située au nord-ouest, l’autre grand couloir de chaînes montagneuses jadis emprunté par les groupes armés, la situation s’est nettement améliorée et les citoyens de Oued El Had, qui ont vécu le plus grand massacre ayant touché la région de Aïn Defla, ont fêté l’Aïd dans leur terre bien qu’ils gardent encore des images terribles de la barbarie. Ils portent encore leurs armes dans l’espoir de les ranger pour toujours si tout le monde intègre le rang pour vivre dans la paix. En somme, ces citoyens ont une confiance totale dans les démarches du président de la République. Par ailleurs, les opinions des habitants du couloir central du territoire de Aïn Defla, principalement des citoyens des endroits très urbanisés, ne diffèrent pas beaucoup mais ils trouvent que chacun doit se mettre à sa place.

M. A.