L’Afrique toujours en quête d’un partenariat pour le développement

Le président de la république à Dakar pour intégrer le NEPAD dans les structures de l’UA

L’Afrique toujours en quête d’un partenariat pour le développement

El Watan, 15 avril 2008

Six années après son lancement, le Nepad n’a pas réussi à atteindre son ultime objectif : combler le retard qui sépare l’Afrique des pays développés.

Le président Bouteflika est depuis hier à Dakar pour participer à la réunion du comité de mise en ouvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) qui se tiendra aujourd’hui. Cette rencontre restreinte, regroupant les principaux initiateurs du projet, à savoir le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, le président nigérian, Omaru Yar’Adua, le Sud-Africain Thabo M’beki, le Sénégalais Abdoulaye Wade ainsi que le Premier ministre éthiopien Meles Zenaoui, sera consacrée à l’intégration du Nepad dans les structures de l’Union africaine. Six années après son lancement, le Nepad n’a pas réussi à atteindre l’ultime objectif pour lequel il a été créé : combler le retard qui sépare l’Afrique des pays développés. Cette notion de fossé à remplir (bridging gap) est le cour même du Nepad. L’idée était non seulement de financer des projets tous azimuts, mais aussi de permettre au continent noir d’être en phase avec la globalisation et de suivre l’évolution du monde. Résultat des courses : il n’en fut rien. L’Afrique se débat plus que jamais dans des difficultés économiques au point que le spectre de la famine plane à nouveau sur ce continent qui demeure le plus pauvre. Les différentes rencontres et sommets n’ont servi qu’à réciter des kilomètres de discours sans lendemain. Le fossé entre l’Afrique et le reste du monde n’a fait que s’aggraver, précipitant près d’un milliard d’habitants dans le dénuement. Une bonne partie de la population de ce continent souffre encore de malnutrition, de maladies qui nous renvoient au moyen âge, de manque d’eau… Pourtant, ce nouveau partenariat vise en premier lieu à éradiquer la pauvreté et à placer les pays africains, individuellement et collectivement, sur la voie d’une croissance et d’un développement durable. Le mini-sommet de Dakar, qui permettra d’examiner profondément les décisions prises lors du sommet de réflexion du comité de mise en ouvre tenu à Alger en 2007 et adoptées par le sommet de l’Union africaine tenu à Addis-Abeba en février 2008, réussira-t-il à donner un nouveau souffle à ce projet ? Son placement sous la houlette directe de l’UA permettra-t-il de dérouiller la machine et de faire avancer le projet ? Difficile d’y répondre ! Le président Bouteflika semble être toujours attaché à ce projet comme structure qui permettra de sortir l’Afrique de son sous-développement qui risque d’être fatal pour des centaines de millions de personnes. Le chef de l’Etat a ainsi, dans une interview accordée dimanche au journal qatari Al Arab, précisé que « le Nepad représente une vision à long terme du développement du continent fondée sur le choix et l’application maîtrisés par les Africains des règles de l’économie mondiale ». Peut-on donc espérer quelque chose de ce mécanisme à l’avenir ? Le développement humain, la bonne gouvernance politique et économique, les infrastructures, l’éducation, la santé, l’agriculture, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), l’énergie, l’environnement, l’accès de la production africaine aux marchés des pays développés sont les principales priorités du Nepad. Ce qui semble être difficile à réaliser au vu des conditions socioéconomiques et de l’instabilité politique dans lesquelles se trouvent les pays africains.

Mokrane Ait Ouarabi