Libération dimanche d’une dizaine d’otages maliens

La médiation algérienne a encore donné ses fruits

Libération dimanche d’une dizaine d’otages maliens

par B. Mokhtaria, Le Quotidien d’Oran, 29 décembre 2007

La libération de dix otages maliens détenus depuis fin août dans le nord du Mali par le groupe armé du chef rebelle touareg Ibrahim Bahanga est annoncée pour ce dimanche 30 décembre, selon le porte-parole de ce mouvement Sid Ahmed Hama-Ag, cité jeudi par l’AFP. La libération de ces militaires enlevés au nord-est de Kidal fait suite à la libération d’un premier groupe d’otages, cinq civils et deux militaires, en septembre dernier grâce à la médiation algérienne sollicitée par le gouvernement malien. L’Algérie, pays médiateur dans cette crise des otages, avait déjà encadré la signature des accords de paix de juillet 2006, à Alger, entre le gouvernement malien et d’anciens rebelles touaregs.

Intervenant à la radio internationale algérienne, le représentant du mouvement a écarté l’éventualité d’une libération des otages, hier vendredi, comme annoncé auparavant affirmant «je ne pense pas que les otages seront libérés vendredi. Leur libération interviendra certainement le 30 décembre (dimanche), au plus tard». Le porte-parole a tenu à préciser que cette décision est «une décision du mouvement. Il n’y a eu aucune pression extérieure. Cette décision a été appuyée par l’Algérie», qui a joué le rôle de médiateur dans cette crise. «On ne peut pas procéder à la libération des otages vendredi. On ne veut pas opérer dans l’ombre. Il faudrait qu’on s’organise, il faudrait la présence de la presse internationale et des médiateurs pour commencer effectivement la libération des prisonniers», a précisé Sid Ahmed Hama-Ag.

Il a ajouté que le groupe d’Ibrahim Ag Bahanga, qui compte selon lui quelque 500 hommes armés, retient au total 34 militaires, et non 36, enlevés fin août vers Tinzaouatine, localité d’accès difficile dans la zone désertique et montagneuse de l’Adrar des Iforas, à plus de 2.000 km de Bamako. L’ambassade d’Algérie à Bamako ainsi qu’un officiel malien, membre du comité de suivi des accords signés en juillet 2006 à Alger par le gouvernement de Bamako et la rébellion touareg de l’époque, avaient annoncé plutôt dans la journée de jeudi que la libération des dix otages pour vendredi. L’ambassade algérienne avait même précisé que les détenus «seront remis aux représentants de l’Algérie lors d’une cérémonie au nord du Mali en présence de plusieurs notables», ajoutant que M. Bahanga a tenu «à remercier vivement l’Algérie, pays facilitateur, pour le rôle qu’elle a joué pour le dénouement de cette affaire».

Le président de la République du Mali avait confirmé dans un communiqué, rendu public mercredi, qu’»un accord a été obtenu pour la libération de nos militaires enlevés au nord-est de Kidal et retenus en otages, affirmant que pour arriver à cet heureux dénouement le Mali a bénéficié de l’appui déterminant de pays frères et amis (…) auxquels le Mali exprime sa reconnaissance et sa profonde gratitude». La présidence n’a, cependant, donné aucun détail sur les circonstances dans lesquelles l’accord a été obtenu, avec qui précisément il a été signé, de même que sur le nombre des otages, la date et le lieu de leur libération.

Quant à l’officiel malien du comité de suivi, sous couvert d’anonymat, il a simplement précisé que la délégation algérienne comptera dans ses rangs «l’ambassadeur d’Algérie à Bamako et des membres de la Croix-Rouge». Tandis que la délégation malienne comprendra un chef de l’ex-rébellion, Iyad Ag Ghaly, qui a conduit une médiation dans l’actuelle crise des otages. M. Ag Ghaly se trouvait déjà jeudi à Tinzaouatine, d’après son entourage. Ces informations ont été confirmées à l’AFP par des responsables algérien et touareg, également membres du comité qui regroupe des représentants des signataires des accords d’Alger ainsi que du gouvernement algérien. «La libération des autres otages interviendra prochainement, grâce à une médiation libyenne», a précisé l’officiel malien du comité.