«Il est urgent de finaliser le processus d’intégration du Nepad à l’UA»

De Charm El Cheikh, le président de la République affirme

«Il est urgent de finaliser le processus d’intégration du Nepad à l’UA»

De notre envoyé spécial à Charm El Cheikh Malik Boumati, La Tribune, 30 juin 2008

Le 19ème sommet du comité des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, chargé de la mise en œuvre du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) s’est ouvert hier à Charm El Cheikh, en Egypte, en présence du président de la République Abdelaziz Bouteflika qui a rallié la ville balnéaire dans l’après-midi de samedi. Dans son intervention devant cette session, le chef de l’Etat a exprimé l’urgence de concrétiser l’intégration de l’initiative du nouveau partenariat à l’UA, qu’il a qualifiée comme une priorité, au profit de la cohésion et de la cohérence de l’action africaine. «Il est urgent de finaliser le processus d’intégration du Nepad à l’Union africaine», affirme le président de la République pour qui «cette finalisation apparaît comme une priorité au regard de l’exigence d’assurer cohérence et cohésion à l’action continentale en matière de développement socio-économique du continent». «L’urgence de finaliser ce processus d’intégration du Nepad réside aussi dans la nécessité de passer à une phase qualitative dans l’approche et la prise en charge concrète des grands projets régionaux structurants arrivés à maturation et souvent bancables», dira Bouteflika qui ajoute que cette urgence réside aussi «dans le besoin pour le continent de disposer de mécanismes et d’instruments capables d’assumer pleinement et efficacement l’accompagnement des processus de réalisation de ces projets, tant auprès des pays africains concernés que vis-à-vis des partenaires au développement engagés dans ces projets». Cette idée d’accélération du processus semble être partagée par la majorité des chefs d’Etat concernés, puisque, selon le porte-parole du ministre égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki, qui a rencontré les journalistes, c’est la tendance parmi les leaders participant au sommet qui parlent de lenteurs dans cette démarche. Le président de la République abordera également dans son discours le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) pour dire qu’il devient «un important acquis de tout le continent qu’il convient, à la fois, de consolider par une amélioration de son fonctionnement et un affinement de ses objectifs afin de lui permettre de mieux servir l’Afrique et ses peuples, et de le préserver de toute influence extérieure de manière à lui garder son caractère d’initiative purement africaine». Depuis son lancement, le mécanisme a enregistré l’adhésion volontaire de plus de la moitié des pays membres de l’Union africaine, procédé à la revue d’une dizaine de pays alors qu’une quinzaine d’autres s’y prépare activement. Dans cet esprit, le chef de l’Etat exhortera ses pairs africains à faire en sorte que l’évaluation du Mécanisme, décidée en 2003, «soit inscrite à l’ordre du jour de nos prochaines rencontres, en particulier au regard de l’important travail de réflexion mené l’année dernière dans le cadre des ateliers à Alger et à Cape Town, sous l’égide du panel des éminentes personnalités». D’autre part, Bouteflika prônera le développement de l’agriculture africaine qui «devrait être au centre de nos préoccupations et bénéficier de la coopération internationale». Pour le chef de l’Etat algérien, qui a évoqué la grave crise alimentaire que connaît le monde et qui menace plus particulièrement l’Afrique, l’objectif du développement de l’agriculture en Afrique interpelle également le comité des chefs d’Etat et de gouvernement chargé de la mise en œuvre du Nepad. Et pour le réaliser, la mobilisation et la convergence des efforts sont plus que nécessaires, précise-t-il, avant de mettre en évidence les effets dramatiques sur le continent des changements climatiques et la pertinence du choix du thème de l’eau pour le onzième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine qui s’ouvre ce matin. «Bien qu’il ne soit pas pollueur […], le continent africain subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique en termes de sécheresse, de déforestation, de multiplication des inondations et des catastrophes naturelles, tout cela avec des conséquences importantes sur les activités économiques traditionnelles des populations», a-t-il affirmé avant de faire savoir que le secrétariat du Nepad et l’Union africaine sont chargés de préparer une position africaine sur le sujet dans la perspective des négociations internationales à venir.

M. B.