Un mémorandum pour la bonne gouvernance

Un mémorandum pour la bonne gouvernance

Le Quotidien d’Oran, 9 septembre 2006

L’implication de la société civile et des assemblées consultatives en matière de bonne gouvernance a été jeudi dernier au centre des travaux de la première conférence Afrique/Europe des sociétés civiles qui s’est tenue à l’hôtel Sheraton sous le haut patronage du Président de la République. Les recommandations qui ont sanctionné lesdits travaux sont contenues dans un «mémorandum d’entente» entre l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires d’Afrique (UCESA) et le Comité économique et social européen (CESE) qui vise «à établir un plan de coopération entre les deux instances» à travers «un déploiement de tous les efforts possibles pour que leurs institutions demeurent des instruments démocratiques de consultation de la société civile organisée et soient ouverts sur les organisations non représentées en leur sein».

En d’autres termes, les participants à cette conférence qui a vu la participation de la présidente du Comité économique et social européen (CESE), Mme Anne-Marie Sigmud, ont recommandé, dans la perspective d’une «bonne gouvernance», d’impliquer «fortement» les assemblées consultatives et la société civile dans les processus d’intégration interafricaine et à l’économie mondiale. Ils ont également appelé à «la préservation des élites africaines et la construction d’Etats de droit en Afrique», exigeant dans ce sens, «l’intégration intelligente de la sphère informelle, loin des mesures répressives».

En effet, la majorité des participants des pays africains représentant leurs conseils consultatifs dans le domaine économique et social ont défendu la notion de la démocratie «comme le cadre approprié pour une large participation de la société civile en matière de bonne gouvernance.» L’intervention de la société civile en la matière a occupé une bonne partie dans l’intervention assurée par la présidente du Comité économique et social européen. Mme Anne-Marie Sigmud a souligné dans son allocution «que la gouvernance est un sujet qui m’est particulièrement cher, et sur lequel, dans les années passées, j’ai déjà travaillé comme rapporteur au sein du CESE. A mes yeux, la gouvernance ne devra pas être imposée de l’extérieur mais devra, au contraire, venir d’une volonté politique et d’une meilleure participation structurées de la société civile aux mécanismes de prise de décision et au suivi de ces décisions.

L’association de la société civile, le développement d’une fonction consultative indépendante et le renforcement des capacités de la société civile sont les conditions de l’obtention d’une meilleure gouvernance».

Sur un autre chapitre, le mémorandum qui constituera une base de travail entre les deux institutions, en l’occurrence l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires d’Afrique (UCESA) et le Comité économique et social européen (CESE) souligne que «la bonne gouvernance suppose la stabilité, la sécurité et la paix au sein et entre les différents Etats africains», ainsi que «la recherche constante de la cohésion sociale de la société civile traditionnelle», ce qui éviterait, selon eux, «les conditionnalités des aides extérieures».

Fayçal L.