Le salaire des députés sera revu

Le salaire des députés sera revu

par Ghania Oukazi, Le Quotidien d’Oran, 29 février 2012

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a fait savoir hier que le régime indemnitaire des futurs députés sera «très probablement revu au moins en fonction de leur présence effective» dans les travaux et réunions des différentes sessions parlementaires.

C’est le «scoop» que Daho Ould Kablia a tenu à donner hier aux journalistes venus nombreux le questionner en marge de l’installation officielle de la Commission nationale de supervision des élections (CNSE) au Palais des Nations du Club des Pins. «On m’a dit qu’il y a beaucoup de personnes qui veulent présenter leur candidature aux élections législatives du 10 mai prochain mais on se demande quel est la raison qui les pousse à être aussi nombreux à vouloir le faire», a-t-il indiqué. Le ministre énumérera trois hypothèses qui susciteraient, selon lui, cet important engouement. «Il y a parmi ces personnes celles qui veulent véritablement travailler au profit du peuple à travers l’Etat et les programmes de leurs partis, d’autres veulent le faire pour s’assurer une célébrité, par contre il y en a parmi ces candidats qui cherchent à l’être uniquement pour bénéficier de privilèges matériels», explique-t-il. Cette dernière catégorie semble avoir donné à réfléchir au gouvernement pour qu’il se décide à réviser les avantages financiers dont jouissent les députés, en fonction de certains critères. Ould Kablia a tenu à en expliquer le fond. «Il est très probable que le régime indemnitaire des députés soit revu au moins en fonction de leur présence effective dans les travaux et réunions des sessions parlementaires», a-t-il affirmé.

A une question relative à l’importance d’une instruction gouvernementale interdisant le déplacement des partis politiques et des associations au niveau des chancelleries étrangères «alors qu’ils continuent de le faire régulièrement», le ministre de l’Intérieur a déclaré que «nous n’avons aucune information à ce sujet et que ceux qui vont dans les ambassades étrangères le font à titre personnel». Ould Kablia dira encore que «ce ne sont pas les ambassades qui demandent aux partis politiques de venir chez elles mais ce sont les partis qui vont vers elles». La question d’ingérence n’est-elle pas alors posée ? «Elle peut être posée… mais….», répond Ould Kablia en soupirant. Rappel lui est fait que l’ambassade des Etats-Unis s’est entretenue avec des personnes «qui ne sont pas issues des organisations qui sont accréditées auprès de votre ministère» mais qu’Hillary Clinton a présentées comme étant «des chefs de file de la société civile». Le ministre reconnaît que les personnes qui se réclament de la société civile ne doivent pas faire partie «forcément» d’associations agréées par le ministère de l’intérieur. «La société civile est un tout qui peut être constituée par des associations comme elle peut être constituée par des personnes qui n’ont aucune attache avec des associations. Beaucoup de gens s’intitulent société civile tout en étant des personnes qui parlent en leur propre nom», a-t-il expliqué.

«Cette question, posez-la au ministre des Affaires étrangères qui, lui, a une relation avec les ambassades et non pas le ministre de l’Intérieur», a-t-il par contre rétorqué lorsqu’il lui a été demandé de dire ce que pense le gouvernement sur la réunion de «cette société civile avec l’ambassadeur américain à Alger». Le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’«il n’est pas question de sanctionner qui que ce soit à ce sujet, nous sommes en train de faciliter pour les libertés des citoyens, s’il y en a qui exagèrent dans leurs agissements, ça c’est une autre question».

Sur un autre chapitre, Ould Kablia estime qu’il n’y a pas d’interférence entre la Commission indépendante de surveillance des élections, composée de représentants des partis politiques, et la Commission nationale de supervision, composée de magistrats. «La Commission de supervision traite des aspects juridiques liés à l’application de la loi organique en particulier. La Commission de surveillance traite de tous les petits aspects de contentieux locaux entre les individus eux-mêmes ou entre un individu et une administration. L’application des dispositions de la loi organique est donc sous le contrôle de la Commission de supervision. C’est à elle que revient le dernier mot».

Autre précision, «le ministère de l’Intérieur ne finance aucun parti», a-t-il répondu par ailleurs à propos du financement des campagnes électorales des candidats. Il précisera qu’«il existe un programme spécial pour ce qui concerne la Commission nationale de surveillance. C’est elle qui désigne les endroits, c’est elle qui trace l’agenda des meetings, choisit les salles pour les tenir et les endroits pour coller les portraits des candidats».

Ould Kablia a réagi calmement quand il lui a été demandé s’il programmait d’aller en Libye. «Possible», a-t-il simplement répondu, avec le sourire en plus. Interrogé à propos de ce qu’il pensait de «la menace libyenne à l’égard de l’Algérie concernant l’extradition des membres de la famille Kadhafi», le ministre de l’Intérieur lancera «on n’a pas connaissance ni de cette menace ni de cette demande faite par les Libyens. Là aussi, je vous renvoie au ministre des Affaires étrangères».