Des projets ne verront jamais le jour : Ces promesses que le gouvernement ne tient guère

Des projets ne verront jamais le jour : Ces promesses que le gouvernement ne tient guère

El Watan, 12 août 2015

Ligne maritime de transport de voyageurs, TGV et, plus récemment, un métro aérien : le gouvernement multiplie des promesses aussi fantaisistes qu’invraisemblables pour tenter de «gagner» le cœur des Algériens.

Le dernier chapitre de ce feuilleton qui ressemble à un conte de fées a été écrit, lundi, par le ministre des Transports. Boudjema Talai, surfant sur un populisme devenu un sport de prédilection chez les membres du gouvernement, a annoncé qu’un projet de métro aérien est à l’étude. Mieux, le nouveau membre du gouvernement a laissé entendre que les Algérois pourront bientôt emprunter ce moyen de transport aussi confortable qu’attirant.

Pourtant, le ministre ne peut ignorer que le gouvernement auquel il appartient est dans l’impossibilité de concrétiser les innombrables projets en cours.

Pis, à coups de notes et de circulaires, le Premier ministre demande, de manière pressante, à ses ministres de surseoir à «tous les projets non engagés». Et le métro aérien n’existe que dans les tiroirs de la société publique Cosider. Cette dernière a même pris le soin de préciser que le projet est juste une étude qui doit être laissée à l’appréciation des responsables politiques.

Avant Boudjema Talai, Amar Ghoul s’était avéré être un champion dans le domaine des promesses fantaisistes. Après avoir promis, en grande pompe, des navettes entre les principales villes côtières, l’ancien ministre des Transports s’était permis de promettre un pont aérien entre l’Algérie et le Brésil pour permettre aux supporters de l’équipe nationale d’aller assister aux rencontres de football lors de la dernière Coupe du monde. Fanfaronnade. Les propos du ministre ont vite été démentis par les responsables de la compagnie Air Algérie, qui ont précisé qu’une telle entreprise relève de la chimère.

TGV et bus à profusion

Les prouesses de Amar Ghoul en matière de promesses impossibles ne s’arrêtent pas là. En 2014, il annonçait, contre toute logique, l’étude de réalisation de deux lignes de train à grande vitesse (TGV). L’annonce en a surpris plus d’un, surtout que tous les autres responsables n’ont évoqué, jusque-là, que la construction de lignes ferroviaires au niveau des Hauts Plateaux et dans le sud du pays. Ces trains, dont certains circulent déjà, atteignent une vitesse maximale de 220 km/heure. Très loin de la vitesse du TGV – plutôt annoncé du côté marocain – dont les trains peuvent circuler à plus de 400 km à l’heure.

Dès la nomination de Abdelmalek Sellal en tant que Premier ministre, en septembre 2012, le ministre de l’Environnement d’alors, Amara Benyounès, lançait un défi : «Nous allons nettoyer l’Algérie.» En quelques jours, tout ce que possédait l’Algérie en termes de moyens est mis à contribution. Pelles, bulldozers et autres camions sont réquisitionnés.

Des associations engagent des bénévoles pour faire de l’Algérie «un paradis». Des tonnes de déchets sont ramassées. Mais au bout de quelques jours, l’Algérie retombe dans ses travers et le pays redevient sale. Les déchets s’amoncellent partout et les opérations de nettoiement se sont avérées conjoncturelles.

A la même période, l’ancien ministre de l’Intérieur lance une vaste opération de chasse aux vendeurs à la sauvette. Des places sont «expurgées» des petits trabendistes qui, impressionnés par un déploiement massif des forces de l’ordre, manifestent leur mécontentement. Cela a plutôt payé. Et les «étals» des petits marchands ambulants ont repris leur place habituelle, jetant un vrai discrédit à tout ce qu’entreprend l’Etat.

Ces frasques n’ont d’égales que les esbroufes de l’ancien ministre de la Solidarité. A force de promettre des bus partout où il passait, Djamel Oul Abbès a été affublé, au sein même de son parti politique, du sobriquet «M. Bus». Une caricature qui orne toujours les murs du gouvernement algérien.
Ali Boukhlef