La première semaine des consultations prend fin aujourd’hui

La première semaine des consultations prend fin aujourd’hui

Du déjà vu, des salamalecs et des «merci» pour le Président

El Watan, 5 juin 2014

La première semaine des consultations controversées sur la révision de la Constitution sera bouclée aujourd’hui.

Le chef de cabinet de la présidence de la République aura ainsi reçu et écouté, en cinq jours, neuf personnalités, entre chefs de parti, anciens ministres et représentants d’organisation institutionnelle et de la société civile. Les premiers jours de ces consultations se sont déroulés, comme attendu, sans surprise ni nouveauté. Les discussions comme les «propositions» ressemblent beaucoup à celles de 2011, menées à l’époque par Abdelkader Bensalah, président du Sénat, et qui ont donné la mouture soumise, le mois dernier, aux partis pour enrichissement dans le cadre de ce nouveau processus décrié par l’opposition et des personnalités influentes.

Ainsi, Ahmed Ouyahia a bien pris note et prêté une oreille attentive aux suggestions et avis émis par des «personnalités» issues du régime. La liste des personnes reçues nous donne déjà un avant-goût de ce que sera la future Constitution. Ce sera le fruit de cet ersatz de dialogue national que mène inlassablement l’infatigable Ahmed Ouyahia. Le bal a été ouvert dimanche par le président du Conseil national économique et social (CNES), Mohamed Seghir Babès, qui n’a fait que défendre sa «croûte» en proposant de constitutionnaliser l’organisme qu’il dirige. Il a été suivi par l’indéboulonnable président du Haut Conseil islamique (HCI), cheikh Bouamrane, qui a eu cette idée «lumineuse» d’insister sur l’importance «du peuple et de l’enseignement».

M. Ouyahia a également reçu le président du Mouvement pour l’entente nationale (MEN), Ali Boukhezna, qui a demandé un mandat présidentiel de sept années. Le chef de cabinet de la Présidence a également reçu le président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’homme (CNCPPDH), Me Farouk Ksentini ; l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Ziari ; le président du Front El Moustakbal, Abdelaziz Belaïd ; et l’ancien vice-Premier ministre, Noureddine Yazid Zerhouni. Le chef de la Wilaya I historique, Tahar Zbiri, mis aussi dans la catégorie des personnalités politiques, revendique la préservation des valeurs de la Révolution algérienne.

L’ancien président du Conseil constitutionnel, Saïd Bouchaïr, a lui aussi été de la partie. Ce constitutionnaliste a demandé l’indépendance de la Cour des comptes du pouvoir politique. Autres hôtes d’Ouyahia, le secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, qui a soutenu le quatrième mandat, El Hadj Ghouma Ibrahim Ben Ghouma, personnalité de la wilaya d’Illizi et sénateur du tiers présidentiel et le président du Front national pour la justice sociale (FNJS) qui émet des réserves sur l’inscription de la réconciliation nationale dans le projet portant révision de la Constitution. Ces discussions sont beaucoup plus pour la forme. Car, comme le confirme la qualité des invités, le texte de la nouvelle Constitution est déjà ficelé.

R. P.