Politique générale du gouvernement: Ouyahia répond aujourd’hui aux députés

Politique générale du gouvernement: Ouyahia répond aujourd’hui aux députés

par Amine L., Le Quotidien d’Oran, 31 octobre 2010

Le Premier ministre répondra, aujourd’hui, aux questions que lui ont adressées les députés à l’issue de la présentation de la déclaration de la politique générale du gouvernement.

Plusieurs questions ont été soulevées par des parlementaires issus de différentes formations politiques, lors du débat en session plénière de l’APN. Les parlementaires ont réclamé «un droit de regard» sur la gestion des finances publiques, à travers notamment le contrôle des dépenses du budget.

Un député s’est interrogé sur «le retard qu’accuse le gouvernement pour présenter la loi du règlement budgétaire». «L’importance du budget consacré au programme 2010-2014 (286 milliards de dollars) nécessite la mise en place de mécanismes supplémentaires de contrôle des dépenses publiques», ont estimé les députés qui ont regretté que «l’action de la Cour des comptes est gelée depuis plusieurs années.» De son côté, un député indépendant a interpellé le Premier ministre sur l’instruction émise par ce dernier promettant d’associer les députés dans la gestion locale. Il a affirmé que «cette instruction n’a jamais été appliquée par les walis». «Nous n’avons pas un droit de contrôle. Nous voulons être associés à la gestion locale», a-t-il revendiqué.

D’autres députés ont estimé que la déclaration de politique générale «a été formulée dans un rapport résumé, qui aurait mérité d’être complété par un autre rapport financier». Les interventions des parlementaires ont porté aussi sur la lutte contre la corruption, ainsi que sur le retard dans l’exécution de certains projets».

«Un tiers du montant consacré au programme 2010-2014 sera affecté à la réévaluation d’anciens projets», a observé un autre député comme pour mettre en relief les lourds surcoûts induits par ces retards.

En revanche, d’autres députés ont salué les performances économiques du gouvernement, citant les exemples «du paiement par anticipation de la dette externe, le placement des fonds de réserves de changes, la diminution du taux de chômage et la hausse du taux de croissance hors hydrocarbures».

Un député cite un dernier rapport du FMI «qui, dit-il, a classé l’Algérie parmi les premiers pays arabes et africains qui ont enregistré des avancées». Il a réclamé, en revanche, un plan de relance des investissements, notamment dans les secteurs productifs et un meilleur suivi des projets.

D’autres élus ont appelé à l’ouverture du dialogue et l’implication du peuple dans les décisions qui le concernent. Le député du RCD, M. Khendek, avait déclaré pour sa part que «la réussite et le développement sont conditionnés par la participation effective du citoyen».

M. Belabbes, du même parti, a appelé à «l’ouverture d’un dialogue sur les programmes économiques avant leur présentation devant le Parlement». Il a estimé «que comparativement à des pays voisins, la politique économique algérienne est moins performante et moins attrayante aux investissements étrangers».

Le député du PT, Mourad Mansour, a quant à lui, passé en revue les différents problèmes que vit l’université algérienne en critiquant notamment le système LMD. Sur le plan de la liberté de la presse, le député Cherrar du FLN a plaidé pour l’ouverture du secteur de l’audiovisuel. Les députés du RCD ont relevé «un recul en matière de libertés individuelles et syndicales», appelant à la levée de l’état d’urgence. Le respect du droit des travailleurs à la grève et des libertés syndicales a été fortement réclamé par les parlementaires.