Une opposition déboussolée, des partis du pouvoir à couteaux tirés et une rentrée sous le signe de l’optimisme pour le gouvernement

Une opposition déboussolée, des partis du pouvoir à couteaux tirés et une rentrée sous le signe de l’optimisme pour le gouvernement

Achira Mammeri, TSA, 1 septembre 2016

L’heure est à la rentrée pour la classe politique. Elle sera marquée incontestablement cette année par cette note d’espoir du Premier ministre. Hier, Abdelmalek Sellal qui a tenté de rassurer les Algériens à partir de la wilaya de Saïda où il a effectué une visite d’inspection. « L’Algérie va bien, les choses sont stables (…) malgré l’effondrement du marché pétrolier et la réduction de moitié de la fiscalité pétrolière, l’Algérie résiste et continue d’améliorer ses performances économiques», a-t-il affirmé.

À priori, rien n’a changé et ne changera aussi bien dans le discours que dans la démarche du gouvernement, qui veut à tout prix donner l’image d’un pays « qui fonctionne normalement ». Une utopie démentie pourtant chaque jour par la réalité du terrain et dernièrement par les chiffres des douanes : durant les sept premiers mois de 2016, l’Algérie a exporté uniquement 15,14 milliards de dollars contre 22,1 milliards sur la même période de 2015. Pour les exportations hors hydrocarbures, elles ont même diminué à 949 millions de dollars, en baisse de 20,72% par rapport aux sept premiers mois de 2015.

Dans ce contexte, l’on est en droit de s’interroger sur les raisons qui font espérer le gouvernement. La réponse vient de Saïda toujours : « Nous avons étudié la situation et jusqu’à 2019, les réserves de change algériennes ne baisseront pas sous le seuil des 100 milliards de dollars », fait savoir Sellal. L’année 2019 correspond à la fin de mandat du président Bouteflika. Comprendre : sous Bouteflika, l’Algérie ira toujours bien. C’est le message que lance le gouvernement malgré un contexte plus que compliqué.

Que fait l’opposition ? 2017 sera une année électorale par excellence avec la tenue des élections législatives au printemps et des locales en automne. Des rendez-vous qui vont permettre aux partis politiques de passer à l’offensive. Mais l’opposition devra d’abord faire son bilan. Avec près de 80 député à l’APN, l’opposition n’a pas réussi à peser face à un pouvoir déterminé à faire passer ses projets de lois sans la moindre modification.

L’opposition a certes protesté à plusieurs reprises, parfois assez fort, comme cela a été le cas lors de l’adoption de la Loi de finances 2016, mais sans jamais réussir à faire douter le pouvoir. Dans ce contexte, le vrai défi sera de convaincre les électeurs de l’intérêt de prendre part aux échéances de 2017. Depuis quelques semaines, une partie de l’opposition entretient un vrai faux suspense sur sa participation aux prochaines législatives, la manière d’y procéder, l’intérêt et les inconvénients des alliances. La volonté clairement affichée de certains partis d’y prendre part risque de fragiliser, voire de faire voler en éclats, les alliances scellées dans le sillage de l’opposition au quatrième mandat de Bouteflika.

Les yeux des observateurs seront également tournés vers Hydra et Ben Aknoun qui abritent respectivement les sièges du FLN et du RND. Entre les deux formations du pouvoir rien ne va plus ces derniers mois. Amar Saâdani a annoncé qu’il ne faisait pas confiance à Ahmed Ouyahia en demandant son départ de la Présidence. Ce dernier qualifie le FLN d’allié stratégique. La sortie prochaine de Saâdani, qui devrait réunir son bureau politique dans les prochains jours après une longue période d’absence, sera très attendue.