La plaidoirie de Medelci à L’ONU

RÉFORMES POLITIQUES EN ALGÉRIE

La plaidoirie de Medelci à L’ONU

Par Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE, L’Expression, 28 Septembre 2011

Les révoltes arabes, la Palestine, le terrorisme ont été également abordés par le ministre des Affaires étrangères.

L’Algérie est en phase de réaliser des réformes profondes touchant tous les domaines. Elles concernent aussi bien les volets politique, économique que social. C’est ce qui ressort de l’intervention du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avant-hier, à la tribune de la 66e Assemblée générale de l’Organisation des nations unies (ONU). «L’Algérie prévoit des réformes incluant une révision constitutionnelle, la promulgation d’une nouvelle loi sur l’information, la dépénalisation du délit de presse et l’ouverture de l’audiovisuel, la révision de la loi sur les partis politiques, de la loi électorale et le renforcement de la représentation des femmes dans les instances électives», a affirmé le chef de la diplomatie algérienne.
Parlant de ce que l’opposition algérienne qualifie de «lenteurs» caractérisant ces réformes annoncées par le président de la République, il dira que cela est dû à l’ampleur de ces vastes réformes, «qui sont porteuses d’avancées cruciales dans la consécration et le renforcement de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance».
Selon M. Medelci, ces réformes s’inscrivent en droite ligne de la volonté du gouvernement algérien de promouvoir les droits de l’homme dans leur acception la plus large, ainsi que cela a été affirmé à l’ensemble des rapporteurs spéciaux, qui ont visité l’Algérie depuis novembre 2010. «L’ensemble de ces réformes ne manqueront pas de concourir à l’approfondissement du processus démocratique, au renforcement de l’Etat de droit, à travers une démarche inclusive, intégrant l’ensemble des forces politiques et sociales du pays», a fait remarquer le ministre.
Des voix, parmi la société civile et partis d’opposition, s’élèvent et s’interrogent: «pourquoi la lenteur prise par le processus des réformes?.»
La déclaration de Mourad Medelci se veut à un certain niveau une confirmation, voire une explication aussi bien pour l’opinion internationale que nationale quant à la volonté manifeste des autorités algériennes de mettre en oeuvre et de consolider le processus démocratique.
Abordant les révoltes dans les pays arabes, le ministre des Affaires étrangères a réitéré la position de principe de l’Algérie en l’occurrence «le règlement des conflits par la voie du dialogue et politique, tout en appelant au respect de la légalité internationale et la souveraineté de chaque pays». «S’agissant de la Libye, a-t-il poursuivi, l’Algérie espère un retour rapide à la paix et la formation d’un gouvernement représentatif de l’ensemble des composantes du peuple libyen». «Nous restons convaincus que la stabilité de la Libye est un élément fondamental pour la stabilité de la région», a-t-il insisté précisant que «l’Algérie réaffirme sa ferme volonté de travailler immédiatement avec les nouvelles autorités libyennes à la promotion d’une coopération exemplaire et globale, dans un esprit de fraternité et de solidarité». Ne s’arrêtant pas là, Mourad Medelci a également appelé le Maroc et le Front Polisario, «à faire preuve d’esprit de responsabilité pour le règlement de ce conflit qui, hélas, n’a que trop duré». Sur ce chapitre précis, il a rappelé, encore une fois, «l’engagement de l’Algérie à apporter son plein soutien aux efforts du secrétaire général de l’ONU et de son envoyé personnel». S’agissant de la question palestinienne Mourad Medelci a considéré que l’initiative de l’Autorité palestinienne de demander que la Palestine soit reconnue en tant que membre à part entière de l’ONU, constitue une opportunité pour les Nations unies de corriger une injustice qui a duré plus de 60 ans. «L’admission de la Palestine comme membre aux Nations unies représentera une réponse claire de la communauté internationale quant à sa détermination à imposer la légalité internationale et à ne plus admettre la politique du fait accompli», a-t-il précisé. Rebondissant sur la lutte contre le terrorisme, M. Medelci a fait savoir que la réussite de ce combat dépendra dans une grande mesure de la capacité collective de la communauté internationale à renforcer l’arsenal juridique, à améliorer les capacités logistiques et à asseoir une coopération internationale plus déterminée dans cette lutte.