Fonction publique: Bientôt un nouveau régime de rémunération

Salaires de la fonction publique

Bientôt un nouveau régime de rémunération

El Watan, 24 juin 2007

Un nouveau régime de rémunération des fonctionnaires sera finalisé dans moins de dix jours. C’est ce qu’a affirmé le directeur général de la fonction publique, Djamel Kharchi.

« L’objectif de ce régime est d’aller vers un système salarial dans la fonction publique qui motive les fonctionnaires dans leur carrière et qui soit suffisamment incitatif pour pouvoir attirer les compétences et les qualifications dont a besoin la fonction publique pour mener les missions de l’Etat dans les meilleures conditions possibles », explique-t-il en marge de la journée portes ouvertes sur la fonction publique organisée hier à Alger. Un groupe interministériel présidé par la direction générale de la fonction publique (DGFP), indique-t-il, s’est penché sur cette question depuis quelques mois et s’apprête à finaliser son rapport. « Conformément aux dispositions du nouveau statut général de la fonction publique, un groupe de travail interministériel a été mis en place afin de définir ce nouveau système. Les travaux de ce groupe sont en cours de finalisation et son rapport sera présenté, vers la fin du mois de juin en cours, au gouvernement pour signature », précise-t-il. Considérée comme le premier secteur employeur en Algérie avec 1 526 710 fonctionnaires, la fonction publique est restée à la traîne en matière des rémunérations. La faiblesse des salaires est à l’origine de la désertion du secteur par de nombreux cadres partis à la recherche de meilleures conditions de travail. En effet, comme en témoigne la répartition des effectifs de la fonction publique par niveaux d’instruction, le secteur ne compte que 301 951 cadres, soit 19,8% de la totalité des fonctionnaires. Ainsi, l’élaboration de ce nouveau système des rémunérations vise à exhorter les cadres qualifiés à rejoindre la fonction publique. En plus de ce système, les salaires de la fonction publique seront également révisés à la faveur de l’élaboration des statuts particuliers des différents secteurs faisant partie de la fonction publique. Le dernier délai pour la finalisation de ces textes est, selon un responsable de la DGFP, fixé pour le 1er septembre prochain. « Les avant-projets de textes doivent parvenir à la direction générale de la fonction publique, au plus tard, le 1er septembre prochain », souligne ce responsable. Ces statuts devront, selon le DGFP, recentrer les différents corps de fonctionnaires sur leurs véritables missions de service public et de puissance publique. « Les nouveaux statuts particuliers permettront d’adapter les règles du statut général à la spécificité des différents corps de fonctionnaires », a-t-il soutenu. Affirmant qu’il n’y a « aucune compression d’effectif dans la fonction publique », M. Kharchi déclare que le secteur continue en revanche de recruter. A cet effet, les diverses directions de la fonction publique organisent, selon lui, chaque année entre 700 et 1000 concours. Ces concours débouchent sur le recrutement de 15 000 à 20 000 fonctionnaires et agents. Afin de faciliter l’accès à l’information concernant le recrutement à tous les citoyens, la DGFP a mis en place un site consacré, particulièrement, aux annonces de recrutement dans les différentes directions. En plus de ce site, la DGFP a acquis, au début de l’année en cours, un système informatique (data center) qui lui permettra, selon les responsables de la DGFP, d’actualiser et de maîtriser toutes les données de la direction. La nouveauté dans la réorganisation de la fonction publique est « la flexibilité statutaire ». Cette dernière, explique M. Kharchi, « représente désormais l’un des principes fondateurs de la politique de la fonction publique ».

46,4% des femmes travaillent dans l’éducation

La répartition des fonctionnaires à travers les diverses directions de la fonction publique montre que le personnel féminin travaille en majorité dans l’éducation. Ce secteur emploie, en fait, 46,4% de la totalité des femmes exerçant dans la fonction publique, soit 197 039 femmes. Il est suivi des secteurs de la santé (18,4, soit 78 006 femmes), l’intérieur et les collectivités locales (11,3%, soit 48 035 femmes), l’enseignement supérieur (6,1%, soit 26 038 femmes), la formation professionnelle (2,7%, soit 11 434) et les autres secteurs (15%, soit 63 790 femmes). Mais l’élément féminin constitue uniquement 27,8% de l’effectif global de la fonction publique. L’éducation nationale est, effectivement, le secteur qui emploie le plus de personnes en Algérie avec 31,8% de la masse salariale de la fonction publique. Elle est suivie par l’intérieur et les collectivités (30,8%) et la santé publique (12,3%). L’élément jeune constitue, selon la pyramide des âges, plus de la moitié des fonctionnaires, avec 44,2% (30 à 40 ans) et 16,5% (de moins de 30 ans).

Madjid Makedhi

 


Djamel Kharchi. Directeur général de la Fonction publique

« Il n’y a aucune volonté de réduire les effectifs dans la Fonction publique »

Le directeur de la Fonction publique revient sur la situation du secteur, les mesures prises par sa direction en vue d’améliorer et le quotidien des fonctionnaires et le service devant être offert aux citoyens.

– Votre direction est connue pour être plutôt discrète. Là, vous organisez une journée portes ouvertes sur la Fonction publique. Est-ce à dire que vous avez décidé de vous ouvrir davantage ? Quel est l’objectif recherché à travers cette initiative ?
– Cette journée s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée de la Fonction publique en Afrique et qui correspond au 23 juin. A la faveur de cet événement, l’Algérie s’associe à tous les Etats du continent africain pour la promotion d’une administration africaine qui répond aux exigences de la bonne gouvernance. A travers cette célébration, l’Algérie exprime un message d’adhésion et de cohésion au programme du Nepad en matière d’intégration africaine sur le plan du développement. Cette journée tombe à point nommé avec l’adoption du nouveau statut général de la Fonction publique qui consacre une administration moderne adaptée à l’évolution de son environnement institutionnel, économique et social. De par l’importance de ses effectifs et la densité de ses relations avec le citoyen, la Fonction publique constitue un instrument incontournable de modernisation de l’Etat, notamment dans l’amélioration des prestations du service public, la valorisation et la gestion des ressources humaines en favorisant la formation, la qualification et la compétence, compte tenu de la complexité des missions de l’administration publique.

– Les questions du faible niveau des salaires et des salaires impayés des travailleurs du secteur public restent d’actualité. Comment comptez-vous traiter toutes ces questions ?
– La direction générale de la Fonction publique représente l’Etat employeur avec 1 528 000 fonctionnaires et agents publics lors de l’adoption du statut général de la Fonction publique à la faveur de l’ordonnance n°06-03 du 15 juillet 2006, un certain nombre de réformes a été décidé de façon à valoriser les ressources humaines et à réhabiliter la formation au profit des fonctionnaires, de réaffirmer les principes d’impartialité de l’administration publique et de mettre l’accent sur les règles de l’éthique et de la déontologie dans la Fonction publique. Il y a également la mise en place d’un certain nombre de principes nouveaux qui vont régir le système de classification et de rémunération des fonctionnaires. Donc, un groupe interministériel, présidé par la direction générale de la Fonction publique, a été mis en place afin de définir le nouveau système de rémunération des fonctionnaires. Les travaux de ce groupe, qui s’est penché sur la question depuis plusieurs mois, sont en cours de finalisation. Son rapport sera présenté au gouvernement pour signature. Evidemment, l’objectif est d’aller vers un régime de rémunération qui tient compte de tous les paramètres internes et externes au secteur et qui sera motivant et incitatif.

– Quelles sont les nouveautés qui seront apportées dans ce système ?
– L’objectif est d’aller vers un système salarial dans la Fonction publique qui motive les fonctionnaires dans leur carrière et qui est suffisamment incitatif pour pouvoir attirer les compétences et les qualifications dont a besoin la Fonction publique pour mener les missions de l’Etat dans les meilleures conditions possibles. La Banque mondiale avait recommandé à l’Algérie, il y a quelques mois, de supprimer

– 500 000 postes d’emploi dans la Fonction publique. Que prévoyez-vous à ce sujet ?
– Je peux vous affirmer et réaffirmer qu’il n’y a aucune volonté de réduire les effectifs et le nombre de fonctionnaires dans la Fonction publique. J’en prends pour preuve l’article 24 du statut général de la Fonction publique qui stipule que tous les droits et acquis des fonctionnaires sont préservés. Je démens toutes ces informations évoquant une éventuelle réduction des effectifs dans notre secteur.

– Quelle est la position de la Fonction publique algérienne en Afrique ?
– Nous avons une Fonction publique par rapport à celle des différents Etats africains que j’ai connus à travers la conférence panafricaine de la Fonction publique, dont l’Algérie est membre, qui se caractérise par une qualification avérée. Nous avons une Fonction publique professionnelle qui a une bonne maîtrise de ses missions. En Algérie, nous respectons aussi la norme internationale en matière du service public avec 4,9 fonctionnaires pour 100 habitants (la norme mondiale varie entre 3 et 5 fonctionnaires/an).

Madjid Makedhi