Bensalah rappelle les lignes rouges à ne pas franchir

Réformes politiques

Bensalah rappelle les lignes rouges à ne pas franchir

El Watan, 22 mai 2011

Le parti de l’ex-FIS ne sera pas réhabilité et ses anciens dirigeants ne peuvent en aucune manière être considérés comme des interlocuteurs et encore moins comme des partenaires dans le processus des réformes politiques décidé par le chef de l’Etat.

C’est, du moins, ce qu’il est possible de comprendre de la déclaration donnée, hier, à la presse, par Abdelkader Bensalah, président de l’instance de concertation, structure mise en place pour recueillir les propositions des partis sur la question. Intervenant à l’ouverture de ces concertations – qui ont lieu dans un bâtiment annexe de la présidence de la République –, M. Bensalah a insisté sur l’idée qu’«aucun acteur politique ne sera exclu des consultations si ce n’est (…) les tenants de la violence que le peuple a bannis de la vie politique». Même si le président du Conseil de la nation, à l’instar de beaucoup d’autres responsables d’ailleurs, a cette manie désagréable de ne pas appeler les choses par leur nom et d’entretenir une sorte de flou artistique sur des sujets aussi sensibles que la question de l’islamisme, il est néanmoins loisible de comprendre qu’il fait bien allusion à Ali Benhadj et à l’ancien numéro «un» du Front islamique du salut qui se trouve actuellement en exil doré au Moyen-Orient, Abassi Madani. A l’exception de l’ex-FIS, il n’existe, à notre connaissance et cela depuis l’ouverture démocratique de 1989, aucune formation politique (aucun mouvement social ne l’a fait d’ailleurs aussi) qui a appelé à prendre les armes pour défendre une option politique. Cela, même lorsque certaines régions y ont été acculées, comme ce fût le cas de la Kabylie lors de la crise de 2001.

Est-ce que maintenant l’exclusion de l’ex-FIS (dont le dossier semble définitivement clos) et de ses anciens leaders, de ces consultations politiques, implique aussi que le pouvoir ne compte pas élargir les dispositions de la charte pour la paix et la réconciliation nationale à une autre catégorie de terroristes ? De prime abord et dans l’absolu, l’un n’exclut pas l’autre, ainsi que l’ont soutenu d’ailleurs plusieurs médias la semaine dernière. L’exclusion du FIS du champ politique durant les années 1990 n’a pas empêché, rappelle-t-on, les autorités de l’époque de décréter la concorde civile, une démarche qui sera suivie bien plus tard par la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Une chose est certaine : aucune voix officielle n’est venue, pour le moment, contredire les informations selon lesquelles, justement, l’on serait prêt, en haut lieu, à décréter, sous condition, une amnistie générale au profit d’anciens membres du FIS se trouvant actuellement en prison.
Mais sinon pour le reste, Abdelkader Bensalah s’est contenté, lors de ce premier jour de consultations – au cours duquel il a eu à recevoir à tour de rôle les représentants d’El Islah et Mohamed Saïd «en sa qualité de personnalité politique nationale» –, de rappeler les limites à ne pas franchir dans cette réforme politique. A rappeler que le FFS, le RCD et Ahd 54 ont décliné l’invitation de cette instance. Ils contestent, entre autres, la démarche choisie par le chef de l’Etat pour mener ses réformes politiques.

Zine Cherfaoui