Commission des consultations politiques: A ne pas confondre avec «commission du dialogue politique»

Commission des consultations politiques: A ne pas confondre avec «commission du dialogue politique»

par Ghania Oukazi, Le Quotidien d’Oran, 29 mai 2011

La commission nationale chargée des consultations politiques a précisé hier les axes sur lesquels s’articulent les réformes politiques décidées par Bouteflika et demande de ne pas confondre entre sa mission et celle de la commission chargée du dialogue national. C’est en tant que membre et porte- parole de la commission nationale des consultations politiques qu’en fin de matinée, Mohamed Ali Boughazi a fait le premier point devant la presse sur une semaine de consultations. «Je préviens en premier que ce n’est pas une conférence de presse mais que c’est une première rencontre avec la presse qui permet à la Commission d’exprimer sa satisfaction quant au déroulement de ces consultations et sa considération aux propositions apportées par les partis politiques, les personnalités nationales et d’autres représentants de la société civile.» La Commission remercie, aussi par sa voix, «les journalistes qui déploient de grands efforts pour en informer l’opinion publique nationale et internationale.»

Boughazi a rappelé que les consultations ont commencé le 21 mai dernier après que « la commission eut au préalable défini une méthodologie sous la direction de son président Abdelkader Bensalah.» La commission a suivi à cet effet trois étapes, selon lui. La première étant «la validation des critères sur la base desquels les invitations ont été adressées (…). » Critères qui, dit-il, «permettent à tout observateur d’en déduire les considérations juridiques et politiques nationales qui les déterminent.» De ce fait, les consultations s’adressent «aux partis politiques agréés, aux associations, institutions et organisations de la société civile, aux personnalités nationales ayant occupé de hautes fonctions et exercé des responsabilités importantes au niveau de l’Etat et enfin aux personnalités publiques qui participent et ont de l’influence dans le domaine des droits de l’homme ou celles jouissant d’un statut national remarquable dans le domaine de l’activité intellectuelle, culturelle et spirituelle.»

Ceci, affirme-t-il, «a été fait en fonction de l’orientation sur laquelle le président de la République a insisté dans son discours du 15 février et lors du Conseil des ministres du 2 mai dernier.» Orientation, précise-t-il, «claire pour son invitation à des consultations politiques larges et profondes que la commission doit mener, recueillir et transcrire leur contenu avec précision dans le rapport qu’elle doit élaborer à la fin de ses travaux pour le compte du président de la République.»

Cette dernière précision l’emmène à en faire une autre : «Comme vous le remarquez, il est important de ne pas confondre entre les missions de la commission habilitée aujourd’hui par le président de la République à mener ces consultations et la commission qui l’a précédée, du dialogue national». C’est en partant de ce distinguo «et par respect à la mission dont elle a été chargée en tant qu’espace de collecte des avis et propositions sur les réformes, notamment la révision de la Constitution, que la commission, dit-il, a adressé des invitations selon les critères définis au préalable.» Il arrive à la seconde étape qui consiste, selon lui, «en la garantie pour cela, par la commission, des conditions pratiques, entre autres, l’appoint technique et un climat de travail approprié pour les médias.» La dernière étape a concerné le respect «d’un principe fondamental, celui de consultations larges.» La commission, explique-t-il, «respecte tous les avis et positions exprimés d’une manière démocratique et se contente de souhaiter une large participation à cette occasion historique par laquelle notre pays se prépare à mener des réformes sereines et concrètes à même d’en assurer l’ancrage démocratique et permettre aux citoyens de participer dans la prise de décision à travers leurs représentants au sein des institutions de la République.» Les réformes en soi, Boughazi estime que «leurs intitulés nous sont connus mais il reste à expliquer certains aspects sur lesquels la commission a relevé une insistance et une répétition durant les consultations qu’elle a menées à ce jour.» Il s’agit notamment «de la nature du système politique, de la révision de la Constitution, de la loi électorale, de la loi sur les partis, du code de l’information et de la participation de la femme.» Il précise en conclusion que «ces axes représentent l’essentiel de la vision qui porte les réformes politiques qui font l’objet aujourd’hui de consultations continues.»