«Do not disturb !»

LA CLASSE POLITIQUE TOTALEMENT ABSENTE CET ÉTÉ

«Do not disturb !»*

Le Soir d’Algérie, 4 août 2009

Comme à son habitude, le pouvoir exécutif a profité de la saison estivale et de l’intersession parlementaire pour faire passer un maximum de mesures par voie d’ordonnance. De leur côté, les partis politiques — toutes tendances confondues — préfèrent se mettre en mode veille.
Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – On l’aura compris, pour les partis politiques, les vacances, c’est sacré. Toutes les activités ont été gelées depuis le début de la saison estivale. En fait, l’année politique semble être calée sur le calendrier parlementaire. Tout s’est donc arrêté le 11 juillet avec la clôture de la session parlementaire de printemps. Pourtant, de son côté, le gouvernement n’a pas chômé. En l’espace de deux semaines, l’Exécutif a adopté des mesures qui vont totalement bouleverser la vie des Algériens. A commencer par le weekend semi-universel qui entrera en vigueur le 14 août. Très peu de partis politiques ont réagi spontanément à cette décision à travers des communiqués. Certains ont préféré parler dans le micro tendu par la presse tandis que d’autres sont restés muets. A l’exception du Front des forces socialistes et du Rassemblement pour la culture et la démocratie, toutes les formations qui ont réagi ont tenu à saluer l’initiative. Cette mesure a finalement fait l’objet d’un texte d’application portant l’intitulé suivant : «Décret exécutif n°97-59 déterminant l’aménagement et la répartition des horaires de travail à l’intérieur de la semaine dans le secteur des institutions et administrations publiques.» L’intersession parlementaire est également l’occasion pour le président de légiférer par ordonnance. Une exception qui est devenu une tradition sous l’ère Bouteflika. Cet été, les Algériens ont eu droit à une loi de finances complémentaire très particulière. Ainsi, depuis la publication de ce texte au Journal officiel, les Algériens ne pourront plus acheter de véhicules grâce aux prêts bancaires. Le gouvernement a décidé tout simplement d’interdire les crédits à la consommation. Une mesure inique prise par des personnes qui roulent aux frais du contribuable. L’ordonnance présidentielle portant loi de finances complémentaire de l’année 2009 comporte également une décision éminemment politique : le recul sur l’obligation des sociétés commerciales étrangères de céder 30% de leur capital à un partenaire algérien. Le gouvernement algérien a finalement opté pour la prudence en annulant l’effet rétroactif imposé initialement à cette mesure. Ne cherchez pas de réaction du côté de la classe politique, elle est aux abonnés absents. Jusqu’à aujourd’hui, aucune voix ne s’est élevée pour réagir à ces deux mesures. Rien. Cette absence des partis politique se confirme aussi sur le plan interne. Théoriquement, l’été devrait être la saison durant laquelle sont élaborées les stratégies à mettre en œuvre au courant de l’année. A titre d’exemple, le Front de libération nationale, qui doit tenir son 9e congrès ordinaire au cours du premier trimestre de l’année prochaine, ne donne pas l’impression de se préparer activement à cette importante échéance. Les seules activités de la direction de ce parti se limitent à tenter de minimiser la portée de la crise qui secoue ses structures. Et en attendant la rentrée sociale et l’ouverture de la session parlementaire d’automne, ce qu’il reste de la classe politique aura tout le loisir de se reposer.
T. H.
* Ne pas déranger