Bouteflika auditionne Zerhouni

BOUTEFLIKA AUDITIONNE ZERHOUNI

L’aspect sécuritaire occulté

Le Soir d’Algérie, 22 septembre 2009

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a été auditionné par le président de la République. Les Codes communal et de wilaya, le passeport biométrique et le Numéro d’identification nationale (NIN) pour les ressortissants étrangers étaient, entre autres, les sujets évoqués lors de cette rencontre. Les questions relevant de la sécurité ont été totalement occultées.
Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – Le communiqué de la présidence de la République consacré à l’audition du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, rendu public samedi dernier à travers le canal officiel de l’Agence presse service, n’aborde à aucun moment les questions de sécurité. Pourtant, la gestion du dossier sécuritaire, notamment dans son volet consacré à la lutte contre le terrorisme, relève du département de Nourredine Yazid Zerhouni en vertu du décret présidentiel du 9 février 1992 portant instauration de l’état d’urgence. Mais la rencontre entre les deux hommes aura tourné autour d’autres sujets. A commencer par les Codes communal et de wilaya. «La révision de la loi relative à la commune tendra à prendre en charge l’évolution sans cesse grandissante de ses missions, l’avènement du multipartisme, l’évolution des réalités sociologiques, les difficultés d’adaptation à la gestion d’une manière générale et la conduite du service public, ainsi que la représentation de la femme et des jeunes dans les organes de la commune. En ce qui concerne la wilaya, ces adaptations lui permettront de servir d’espace d’expression à la fois à la démocratie locale et à la participation du citoyen à la gestion des affaires locales. Cette collectivité est, également, appelée, à travers les propositions envisagées, à servir d’espace complémentaire pour l’exercice des activités de service public de proximité et de régulation», indique le communiqué de la présidence de la République. Les nouvelles mesures qui seront prises dans le cadre de ces deux textes de loi visent à «apporter des réponses concrètes aux problèmes des citoyens». «Ces actions s’inscrivent dans la logique du renforcement et de l’encouragement de la diffusion du développement économique et social et du rapprochement du service public, dans le cadre d’une administration porteuse de cohérence et d’efficience de l’action publique». Autre dossier abordé, celui de la modernisation des documents d’identité et du fichier d’état civil. Pour ce qui est du passeport biométrique, Nourredine Zerhouni a assuré qu’il sera prêt au cours du «premier semestre 2010». Pour sa part, la carte d’identité biométrique entrera en vigueur une année plus tard et sera suivie de l’achèvement de la numérisation de l’état civil prévu pour 2013. Le ministre de l’Intérieur a, par ailleurs, annoncé la création d’un fichier consacré exclusivement aux étrangers installés en Algérie. «La mise en place d’un numéro d’identification nationale unique (NIN), pour chaque citoyen ou ressortissant étranger, régulièrement installé sur le territoire national, garantira à moyen terme l’interopérabilité avec l’ensemble des systèmes de gestion». Sur le plan des finances, le ministre a indiqué qu’au chapitre du développement local, une enveloppe financière de 4 705 milliards dinars a été allouée à son département. Ces fonds ont permis la mis en œuvre de «27 000 opérations en programmes communaux de développement (PCD) et plus de 22 000 opérations en programmes sectoriels de développement (PSD)». Dans le registre des recommandations présidentielles, Abdelaziz Bouteflika a insisté sur la nécessité de «passer à une autre étape dans l’organisation, le fonctionnement et l’administration de la commune et de la wilaya, pour leur permettre de mieux assumer leur rôle d’acteur dans la mise en œuvre des réformes engagées et d’intégrer efficacement les dynamiques qu’elles impriment régulièrement au développement local, dans un climat de sécurité retrouvé». «Cela est un impératif pour que le développement qui a permis de faire partager le progrès dans les zones les plus reculées du pays et qui est encore porté par l’Etat dans tous les domaines puisse bénéficier en toute transparence à tous les citoyens, là où ils se trouvent», a-t-il souligné. Le communiqué de la présidence de la République s’achève par une remontrance à l’adresse des élus locaux. «Abordant les missions des Assemblées populaires communales et de Wilaya, le président de la République a appelé les élus locaux à faire preuve de plus d’initiatives et de veiller à associer davantage le citoyen dans la prise de décision dans la gestion des affaires locales».
T. H.