Les assurances du gouvernement face à la crise

Ouverture de la session parlementaire

Les assurances du gouvernement face à la crise

El Watan, 5 septembre 2016

Le Premier ministre, qui a déjà fait sa rentrée politique à partir de la wilaya de Saïda, a reproduit le même discours en affichant son optimisme quant à la gestion de la crise.

Le Parlement avec ses deux Chambres, l’Assemblée populaire nationale (APN) et le Conseil de la nation (Sénat), a fait sa rentrée hier. Aucune annonce particulière pour une année qui se présente dans un climat de crise, dont le projet de loi finances 2017 porte déjà quelques prémisses, augmentation de certaines taxes, que le Premier ministre a minimisées en soulignant qu’elles ne sont pas importantes, et la confirmation de la tendance à plus d’austérité. Le président de l’APN, Larbi Ould Khelifa, a loué les «progrès démocratiques» et la «prospérité» induits selon lui par les efforts de développements accomplis sous la conduite du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.

Le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, a préféré quant à lui attaquer l’opposition en l’accusant de noircir la situation du pays malgré les progrès réalisés, en tenant des discours alarmistes pour des raisons électoralistes. L’ouverture de la session parlementaire, qui sera ininterrompue durant 10 mois comme le stipule la nouvelle Constitution, a été boycottée par le FFS et s’est déroulée dans une ambiance terne, sans enjeu pour une institution transformée en chambre d’enregistrement.

Outre les satisfecit délivrés par le président de l’APN, Mohamed Larbi Ould Khelifa, qui a loué les progrès démocratiques et la prospérité induits, selon lui, par les efforts de développement accomplis sous la conduite du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, et les attaques du président du Sénat, Adelkader Bensalah, contre l’opposition qu’il accuse de noircir la situation du pays malgré les progrès réalisés, en tenant des discours alarmistes pour des raisons électoralistes, l’ouverture de la session parlement, qui sera ininterrompue durant 10 mois, comme le stipule la nouvelle Constitution, la rentrée parlementaire, boycottée par le FFS, s’est déroulée dans une ambiance terne sans enjeu pour une institution transformée en chambre d’enregistrement.

Le Premier ministre, qui a déjà fait sa rentrée politique à partir de la wilaya de Saïda, a reproduit le même discours en affichant les mêmes assurances dans une anarchie indescriptible. N’ayant rien fait pour tenir un point de presse en bonne et due forme, Abdelmalek Sellal a improvisé, à sa sortie du Sénat, une déclaration à la presse.

Ce fut un désordre total. Le Premier ministre a dû souffrir physiquement ainsi que sa garde rapprochée devant la cohue de journalistes et de micros qui effleuraient son visage, mais il s’en est certainement sorti à bon compte, parce que l’anarchie programmée ne permettait ni de lui poser des questions, encore moins d’entendre les réponses. En somme, même s’il ne faut pas s’attendre à de grands débats parlementaires dans un pays pourtant en proie à une terrible crise financière et politique, plusieurs projets de loi sont attendus dans les semaines à venir. Il y aura d’abord le projet de loi de finances 2017 qui fait déjà l’objet de critiques de la part de la classe politique en cela qu’il prévoit des augmentations de plusieurs taxes.

Si on ne connaît pas encore la teneur exacte et détaillée du texte en question, nombre d’experts s’inquiètent d’une année difficile pour les Algériens qui auront du mal à supporter les effets d’une crise dont le gouvernement refuse de reconnaître l’ampleur.
L’Exécutif s’offre par ailleurs une coquetterie politique, durant la législature qui vient de s’ouvrir, en programmant le débat sur la loi sur le règlement budgétaire. Mais l’essentiel sera axé, comme l’a annoncé le président du Sénat, sur les dispositions portant rationalisation des dépenses qui vont atterrir sur le bureau du Parlement.

Au programme de la session parlementaire, il y aura aussi le projet de loi, qui a déjà suscité une vive contestation et inquiète au plus haut point le monde du travail, portant sur le régime des retraites. Les assurances du Premier ministre, qui a indiqué que la retraite à 60 ans ne touchera pas les professions pénibles, calmeront-elles le front social qui bouillonne depuis que cette décision a été prise lors de la dernière tripartite ? Le gouvernement réussira certainement à faire voter ses textes, mais reste à savoir à quel prix.

Selon le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, d’autres projets de loi seront traités durant la nouvelle session du Parlement. Il s’agit d’un texte sur la santé, d’un projet de loi organique sur le mouvement associatif, le commerce électronique, les douanes et d’un projet de texte portant code de procédure pénale.

Said Rabia


Le FFS boycotte

El Watan, 5 septembre 2016

Le Front des forces socialistes (FFS) a, une nouvelle fois, boycotté la séance d’ouverture de la session du Parlement, qui a eu hier en présence de tous les membres du gouvernement.

Les députés du plus vieux parti de l’opposition justifient leur action, qui n’est pas la première du genre, par les dysfonctionnements qui touchent cette institution législative. Les parlementaires du FFS affirment ainsi avoir boycotté cette séance pour «dénoncer des simulacres qui se répètent alors que le pays a grandement besoin d’aborder sérieusement ses graves problèmes politiques, économiques et sociaux».

«La décision des parlementaires du FFS est une protestation contre le caractère purement protocolaire de cette séance, alors que la situation du pays exige du Parlement d’assumer pleinement et avec un vrai esprit de responsabilité – qui n’est pas celui du silence – son rôle de représentation de la société. Sa responsabilité est d’exprimer, face à un Exécutif autiste, les grandes préoccupations des Algériennes et des Algériens», explique le chef du groupe parlementaire du FFS, Chafaâ Bouaïche.

Les députés de cette formation politique dénoncent ainsi «l’état de paralysie et de non-fonctionnement de l’Assemblée nationale dont le bureau est totalement soumis à l’Exécutif gouvernemental». Pour le FFS, l’APN n’assume pas sa fonction. «Animés d’une haute idée du combat politique et du rôle des institutions, les députés FFS ne pouvaient se permettre de participer à ce simulacre», souligne M. Bouaïche, qui rappelle «en ce mois d’anniversaire du FFS, le rejet, par le bureau de l’APN, des propositions des députés, dont la reconnaissance du statut de martyrs aux victimes de 1963 à 1965».

«Les parlementaires du FFS se sont engagés à poursuivre leur combat pour l’instauration d’un Etat de droit fondé sur la séparation des pouvoirs et où les institutions assument pleinement et sans faux semblant leurs rôles. Notre combat continue. Au Parlement comme dans la société, pour donner au pays un Etat sérieux et respectable», conclut le chef du groupe parlementaire. Le FFS a maintes fois dénoncé l’absence du pouvoir législatif totalement soumis au pouvoir exécutif.

Dans ses précédentes actions, il avait même relevé le fait que c’est le gouvernement qui fixait le calendrier des activités du Parlement. Pour ce parti, le Parlement n’existe que pour la forme et il faut une refonte totale de son fonctionnement afin que les députés puissent accomplir la mission qui leur est dévolue et assumer pleinement leur mandat et leur engagement envers les électeurs.

Mokrane Ait Ouarabi