Les assurances de Belkhadem

Il a présenté hier le programme de son gouvernement

Les assurances de Belkhadem

El Watan, 24 juin 2007

Le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a présenté hier à l’APN le programme de son gouvernement. M. Belkhadem, arrivé à 14h48 à l’hémicycle Zighoud Youcef, entamera son intervention par la présentation des grands axes du projet.

Il dira, à l’intention des députés, que le programme en question tire son essence de celui du président de la République qui en est la référence essentielle. Avant d’aller dans le détail, l’orateur rassurera les élus quant à la poursuite et la concrétisation, par le gouvernement, des engagements pris par le chef de l’Etat au lendemain de sa réélection pour un second mandat en avril 2004. Le gouvernement, explique M. Belkhadem, veillera à l’application des textes devant matérialiser la charte pour la paix et la réconciliation nationale, initiée par le premier magistrat du pays. Il s’engage à lutter contre le terrorisme qui constitue une offense au peuple et une atteinte à ses biens, et contrarie les préceptes de l’Islam. Le chef du gouvernement évoquera, dans la foulée, la réconciliation nationale, la réforme de la justice et la refonte du système éducatif. Il n’a, toutefois, pas défini les délais de concrétisation des projets inscrits au titre du programme de son gouvernement. Concernant particulièrement la justice, M. Belkhadem dira que le gouvernement œuvrera pour le parachèvement du processus de réforme de la justice par, entre autres, le renforcement de l’institution judiciaire en ressources humaines et matérielles. Le gouvernement, a-t-il dit, considère l’élément humain comme la pierre angulaire de l’opération de réforme de la justice, précisant que l’objectif visé est d’augmenter l’effectif des magistrats de 50% à l’horizon 2009, par le recrutement de 300 magistrats annuellement. Le programme concerne également l’augmentation des effectifs des autres catégories à travers le recrutement de 1000 agents, chaque année, dans les corps techniques et dans les spécialités de l’informatique, archives et bibliothéconomie, et statistiques. Le chef du gouvernement fera remarquer, concernant l’approfondissement de la modernisation du secteur de la justice, qu’il s’agit là de développer les méthodes de travail au niveau des juridictions et d’adapter les prestations de service public de la justice aux exigences de la modernisation. M. Belkhadem a soutenu, en outre, que le gouvernement algérien intensifiera la lutte contre la corruption qui est injustifiable et condamnable, qu’elle ait pour cadre la sphère privée ou publique et qu’elle soit le fait de personnes physiques ou morales. Le conférencier a également évoqué la mise en place d’un statut spécifique pour le corps de la police, des agents de la Protection civile, d’un statut spécial pour les fonctionnaires de l’administration. Il est aussi fait référence dans le texte lu par M. Belkhadem au renforcement des prérogatives des walis au détriment des élus locaux. Autre élément : l’orateur fera remarquer que tamazight sera généralisée dans les institutions publiques. Pour ce qui est du volet économique, le texte du gouvernement souligne que les actions à mener dans le secteur bancaire portent essentiellement sur le parachèvement du processus de privatisation du CPA et l’allégement des bilans des banques, notamment par la mise en œuvre du schéma d’assainissement des EPE déstructurées. Il s’agira, selon M. Belkhadem, de mettre en place un dispositif visant à assainir le portefeuille des banques et à relancer l’activité de financement des entreprises ayant des perspectives de marché en évitant de reproduire de manière mécanique un transfert de dette vers le Trésor. Réagissant à l’exposé de M. Belkhadem, les députés FLN, RND et MSP ont estimé que M. Belkhadem a brossé un véritable bilan du gouvernement. Justement, le RCD, par la voix de M. Fardjallah, a tenu à relever l’amalgame existant entre le bilan et le programme. Ce dernier a relevé que « le souci du gouvernement est de maîtriser les moyens de contrôle de la société et non pas de mettre en place les mécanismes pour son développement ». Dans l’exposé dressé par M. Belkhadem, le RCD retiendra qu’« il n’est pas fait référence ni à la séparation des pouvoirs, ni au développement, pas plus qu’il n’est envisagé une véritable réforme bancaire ». Le député du RCD dira : « Cela amènera le pays à vivre d’autres scandales tels que celui d’El Khalifa Bank. » Le Parti des travailleurs a relevé la contradiction portant sur la présentation d’un programme et en même temps un aspect portant sur le bilan des actions précédentes. Le PT s’est dit, toutefois, satisfait du fait que le contenu du programme n’est nullement une continuité. « Il y a eu des tentatives de correction, notamment concernant le volet relatif aux privatisations . Le PT va soutenir toutes les positions positives », a expliqué M. Taazibt. Notons, en outre, que plus de 200 députés se sont inscrits sur la liste des intervenants lors des débats qui ont débuté hier à 20h30. Des débats qui vont durer trois jours, à raison de trois séances par journée.

La révision de la loi électorale au programme

Interrogé à sa sortie de la plénière, le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a qualifié son exposé devant les députés de programme-bilan. En réponse à une question d’un journaliste sur le projet de révision de la Constitution, il s’est contenté seulement de dire que ce dossier « est en cours ». Le chef du gouvernement refusera néanmoins de s’étaler sur le sujet. Pour ce qui est de la révision de la loi électorale, M. Belkhadem confirmera que le projet atterrira à l’APN. Cependant, il ne précisera pas si ce projet sera débattu par les députés ou s’il sera présenté sous forme de décret.

Nabila Amir