La sécurité en Méditerranée en débat

Séminaire prospectif sur la prochaine décennie

La sécurité en Méditerranée en débat

Hamid SaÏdani, Liberté, 3 septembre 2006

Le séminaire s’intéressera, dans l’un de ses volets, à la situation au Maghreb, et fera notamment le point sur le conflit et la situation qui prévaut au Sahara occidental. Plus largement, c’est l’état de stagnation dans lequel se trouve l’UMA qui bénéficiera de l’attention des participants.

Quelles sont les clés de la sécurité en Méditerranée et au Proche-Orient pour la prochaine décennie ? Quelles sont les éventuelles menaces qui se présentent pour la sécurité régionale ? Quels sont les facteurs d’instabilité dans ces régions ? Comment adapter les politiques nationales de sécurité à l’environnement régional en butte à des risques multiples ? Quels sont les gages d’une meilleure coopération dans le domaine ? Ce sont là les principales questions — aussi pertinentes les unes que les autres — auxquelles vont tenter de répondre les participants à un important séminaire international, qui se déroule depuis le 28 août dernier en Allemagne avec pour thème central “la coopération en matière de sécurité dans le bassin méditerranéen et au Moyen-Orient”. À l’instar de la majorité des pays du pourtour méditerranéen, l’Algérie a pris part à ce colloque qui a vu la participation de plus de 80 officiers, officiels, d’universitaires, d’ambassadeurs représentants 45 pays, et d’autres hauts responsables de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de l’OTAN, de la Ligue arabe, de la fondation Carnegie pour la paix internationale et d’autres organisations. Organisé par le centre américano-germanique Georges Marshall de Garmisch-Partenkirchen (Allemagne) en collaboration avec le Nesa américain (Near East South Asia Center for Strategic Studies). Tout ce beau monde est donc entré en conclave pour une dizaine de jours afin d’essayer de démêler l’écheveau de la problématique sécuritaire dans une région, notamment dans sa partie orientale, qui continue à faire face à une tension quasi permanente en raison de la multiplication des zones de conflit (Palestine, Irak, Liban). Les participants n’auront en tout cas pas la tâche facile dans leur entreprise, mais la richesse de l’auditoire, issue d’horizons divers, va permettre de débattre de ce thème si sensible sous ses différentes facettes pour aboutir à une analyse consensuelle à même de constituer une référence pour le règlement des conflits qui empoisonnent les rapports au niveau international. Pour la rive sud de la Méditerranée, en plus de l’Algérie, nombre de pays prennent part à ce séminaire, notamment le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie et l’Égypte. C’est le vice-amiral Jean Dufourcq, responsable de l’Institut de recherche de défense de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN) qui a ouvert les travaux du séminaire en présentant une introduction générale sur les grands axes du thème de la sécurité dans la région méditerranéenne et au Proche-orient. L’un des participants algériens, en l’occurrence Rachid Tlemçani, professeur à l’Institut des sciences politiques et des relations internationales de l’Université d’Alger, s’est distingué, au deuxième jour du colloque, et ce, conjointement avec Alberto Bin, chef de l’une des sections régionales des affaires politiques et de sécurité de l’organisation, par un exposé sur les perspectives de dialogue entre l’OTAN et les pays du pourtour méditerranéen. Le séminaire s’intéressera dans l’un de ses volets à la situation au Maghreb et fera notamment le point sur le conflit et la situation qui prévalent au Sahara occidental. Plus largement, c’est l’état de stagnation dans lequel se trouve l’UMA qui bénéficiera de l’attention des participants qui tenteront de passer en revue et de comprendre les causes des blocages à la relance de cette organisation régionale et ses répercussions sur la situation dans la région et sur le dialogue Nord-Sud. Pour les organisateurs, le séminaire se veut un espace de débat et d’échanges pour approfondir le dialogue des civilisations.

Hamid SaÏdani