Les russes demandent des renseignements « bancaires » sur la cargaison destinée à Bejaia

Affaire de la disparition du navire, Arctic Sea

Les russes demandent des renseignements « bancaires » sur la cargaison destinée à Bejaia

El Khabar, 27 août 2009

La Russie a demandé de plus amples informations « bancaires et financières » concernant la cargaison de bois destinée au port de Béjaia, au bord du navire de la marine marchande Russe, disparu dans des circonstances opaques.

Dans ce cadre, le chef d’état major de l’armée russe a indiqué que le navire commercial, Arctic Sea, sera inspecté par l’armée russe, pour fouiller une éventuelle cargaison secrète, dès son retour en Russie. Selon les autorités russes, le navire transportait une charge de bois vers le port de Bejaia, à partir de la Finlande, suite à une commande introduite par une entreprise algérienne privée, dont le siège social est basé à Alger. La valeur de la cargaison est estimée à 2 millions d’euros, et elle a été victime d’une attaque, commise par 8 personnes, près des côtes de la Suède, le 24 juillet dernier. Son accostage au port de Béjaia a été prévu pour le 4 août dernier, mais il n’a pas eu lieu.

L’Arctic Sea a été retrouvé par la marine russe dans les côtes du Cap Vert. En conséquence, les enquêteurs russes demandent des renseignements, qui peuvent leur être utile, y compris les documents administratifs.

De son coté, le doyen des enquêteurs russes, chargé de résoudre l’énigme de la disparition du navire de la marine marchande, Arctic Sea, a déclaré à l’agence de presse russe, Interfax, que peut être ledit navire transportait des matières sensibles non déclarées. La marine russe a arrêté 8 personnes, les suspectant d’être les auteurs de l’attaque, ceux-ci ont réfuté l’accusation, en déclarant qu’ils sont des chercheurs secourus d’une foudre en pleine mer.

 

27-08-2009
Par A.B/ Traduit par R.K


Arctic Sea: Controverse autour de la piste d’une cargaison illégale

par Amine L., Le Quotidien d’Oran, 27 août 2009

La mystérieuse brume entourant l’Arctic Sea ne veut pas refluer. Ce vraquier, qui devait officiellement transporter du bois vers Béjaïa, n’a pas fini de dévoiler ses mystères. La version du piratage recule devant la piste d’une livraison d’armes déjouée par un pays tiers. Les fuites se multiplient malgré l’étau du secret placé sur cette affaire par les autorités russes. Mardi, le directeur du comité d’enquête du procureur général de Russie, Alexandre Bastrykine, admettait dans une interview au journal Rossiïskaïa Gazeta, paru mercredi, que le cargo aurait pu transporter du fret illicite. L’équipe d’instruction doit également vérifier si les marins russes ne sont pas impliqués dans le détournement du navire, a-t-il ajouté. Ce comité, chargé de toutes les grosses affaires criminelles, est dirigé par Alexandre Bastrykine, un intime de Vladimir Poutine, qui contrôle strictement l’information autour de l’Arctic Sea.

«Le navire a probablement été attaqué deux fois» et «sera inspecté de fond en comble lors de son arrivée» dans un port russe, a-t-il ajouté. »Nous n’excluons pas que l’Arctic Sea ne transportait pas que du bois», a reconnu le chef d’enquête, selon l’agence Interfax. Le ministère russe des Affaires étrangères indique toutefois que l’inspection préliminaire n’a pas mis au jour un chargement suspect». Un contrôle plus approfondi doit toutefois être mené dans les jours qui viennent.

Les autorités russes ont reconnu ainsi, pour la première fois mercredi, que l’Arctic Sea qui avait disparu pendant deux semaines entre l’Atlantique et la Baltique aurait pu transporter autre chose que du bois. Selon les enquêteurs, des membres de l’équipage pourraient être impliqués dans le détournement du cargo. Moscou soupçonne désormais certains des quinze membres d’équipage, tous de nationalité russe, d’avoir… participé à leur propre détournement. Le débat sur la cargaison-officiellement du bois finlandais censé être livré à Béjaïa – est toujours d’actualité. Plusieurs médias russes ont fait état d’une cargaison illégale. «Le cargo Arctic Sea transportait des armes en contrebande et les pirates qui se sont emparés du cargo auraient été employés par les services secrets d’un des pays membre de l’UE», a écrit mardi le journal russe Moskovski Komsomolets. Selon le ministère russe des Affaires étrangères, cité par les agences de presse du pays, le capitaine de l’Arctic Sea aurait en effet tenté de dissimuler l’identité du bateau alors que la marine russe l’interceptait, le 17 août dernier, au large des côtes cap-verdiennes. «Le capitaine a soudainement déclaré que le bateau appartenait à la Corée du Nord», tentant ainsi d’usurper l’identité d’un autre vraquier, écrit le ministère dans un communiqué. Dans ce but, le marin aurait ensuite déclaré que son bateau, chargé de bois de palme, effectuait une liaison entre Cuba et la Sierra Leone. Moscou a alors interrogé Pyongyang, qui a démenti les informations données par le capitaine. «Les médias russes avaient avancé plusieurs hypothèses selon lesquelles le bateau aurait pu transporter des armes, voire du matériel nucléaire. Les rumeurs autour d’une éventuelle «mission secrète» ont été renforcées par le fait que les 11 membres d’équipage russes sont toujours aux mains des autorités russes et n’ont pas été autorisés à communiquer avec leurs familles depuis leur retour le 20 août à Moscou, le même jour que les huit pirates présumés. Le comité d’enquête du parquet russe a affirmé que «les informations publiées par des médias étrangers et russes sur une prétendue mission secrète de l’Arctic Sea (…) ne correspondaient pas à la réalité». Enfin un dernier élément : selon Konstantin Boronovski, avocat d’un des huit pirates présumés cité par l’agence russe RIA Novosti, le dossier judiciaire du détournement de l’Arctic Sea ne contient aucune mention d’armes.