75 000 nouveaux policiers à l’horizon 2010

Zerhouni évoque les mesures prises par l’état pour combattre la criminalité

75 000 nouveaux policiers à l’horizon 2010

Par Mekioussa Chekir, La Tribune, 12 Avril 2008

75 000 nouveaux policiers seront formés d’ici à l’horizon 2010 pour combattre la criminalité en Algérie, a révélé, jeudi dernier, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni, lors de la séance en plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée aux questions orales adressées au gouvernement.
Interpellé par un député qui s’enquérait des mesures prises par l’Etat pour maîtriser ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, le ministre concerné a précisé que chaque année, l’Etat forme pas moins de 15 000 policiers, contre seulement 6 000 il y a quelques années.
Le représentant du gouvernement reconnaîtra toutefois que, depuis le début des années 1990, tous les efforts et moyens ont été consentis en direction de la lutte contre le terrorisme au détriment du renforcement de la sécurité contre les autres formes de criminalité.
Ce n’est qu’à partir de 2005, a-t-il ajouté, que les autorités ont sérieusement mis le paquet pour rattraper ce retard en mettant l’accent sur l’action de la Gendarmerie nationale et de la Sûreté nationale. Et de rappeler la mise en place d’un plan s’étalant de 2006 à 2010 visant le renforcement de la sécurité à travers le déploiement, au minimum, d’un groupement de gendarmerie pour chaque commune, de deux ou trois lorsqu’il s’agit de circonscriptions à faible densité. De même que la présence d’un poste de police pour chaque daïra. Fin 2005, seules 347 daïras en étaient pourvues, sur un total de 553 daïras, a rappelé le ministre.
Dans le cadre de ce programme, 56 nouvelles unités de gendarmerie ont ainsi été créées depuis 2006 et autant d’unités de Sûreté urbaine, alors qu’il est escompté la mise en place de 455 autres unités de gendarmerie au niveau national. Tout en précisant que le maintien de l’ordre en milieu urbain incombe aux policiers alors qu’en milieu rural il est assuré par les gendarmes, Zerhouni a précisé que le nombre de crimes de droit commun (en dehors des actes terroristes) a sensiblement baissé, de l’ordre de 5% dans les villes et d’environ 10% dans les campagnes entre 2006 et 2007 : 127 042 crimes ont été enregistrés en 2006 dans les villes contre 121 243, l’année suivante. En milieu rural, le chiffre a baissé à 37 000 crimes en 2007 contre 39 183 en 2006. Le taux des délits pour 1 000 habitants en milieu urbain, a-t-il précisé, suit une courbe décroissante puisqu’en 2005 il était de 4 pour 1 000 habitants, de 3,7 en 2006 et de 3,5 en 2007. Les statistiques varient d’une ville à une autre et c’est Annaba qui se place à la tête des villes les moins sécurisées d’Algérie avec 9,5 crimes pour 1 000 habitants, suivie d’Alger avec 7,4 puis de Constantine avec 6,5 et d’Oran avec 5,5 crimes pour autant d’habitants. 55 et 65% de crimes de droit commun sont élucidés par les services de sécurité, a, par ailleurs, révélé l’intervenant.

M. C.