Sûreté nationale : Hamel défend et assume son bilan

Sûreté nationale : Hamel défend et assume son bilan

El Watan, 23 octobre 2014

Le général-major Abdelghani Hamel défend ardemment son bilan à la tête de la Sûreté nationale (DGSN). Pour ce faire, il a choisi plutôt l’organe interne de la police, à savoir La Lettre du policier.

A travers La Lettre du policier, le directeur général de la Sûreté nationale rejette ainsi les critiques sur sa gestion des ressources humaines, qualifiée par certains de «catastrophique» en mettant en avant le saut qualitatif et quantitatif réalisé par la police depuis son arrivée à la tête de la SN. Premier argument : l’effectif de la police a considérablement augmenté. «La DGSN a vu le nombre de ses personnels tripler en l’espace de quatre années seulement, passant de 90 000 en 2009 à 209 000 en 2014», est-il indiqué. Ce chiffre est considéré par le DGSN comme un grand exploit. «Cet effort, qui traduit concrètement la politique du président de la République, a été chaleureusement apprécié par les citoyens en marge du Salon du recrutement, le premier du genre depuis l’indépendance, organisé par la Sûreté nationale les 23, 24 et 25 avril 2013», a-t-on relevé.

L’augmentation du nombre de policiers, explique-t-on encore, a été réalisée à travers une politique de recrutement et de rajeunissement conduite par le général-major Abdelghani Hamel depuis juillet 2010. Cette politique, souligne-t-on encore dans La Lettre du policier, «est basée sur les valeurs d’équité et de compétence». Ainsi, le DGSN affirme que «sa» politique «n’a pas tardé à donner ses fruits, comme l’attestent les chiffres et les témoignages des observateurs au fait de l’évolution de la Sûreté nationale».

Aussi, le général-major Hamel, qui a été secoué par le mouvement de protestation des policiers des Unités républicaines de sécurité, qui ont réclamé son départ, insiste sur le fait d’avoir pris la décision dès le début de confier les responsabilités, à tous les échelons de commandement, à des jeunes cadres universitaires au profil et aux compétences avérés et reconnus par tous. Selon cette lettre qu’il conclut par «à bon entendeur salut…», «les citoyens auront remarqué et apprécié cette dynamique de la nouvelle génération des responsables de la Sûreté nationale, qui lui a valu d’ailleurs la reconnaissance des institutions nationales et internationales, à l’instar d’Interpol et du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, suite aux excellents résultats obtenus sur le terrain, traduits par d’importantes saisies de drogues, une gestion rationnelle et démocratique des foules, le tout couronné par une attestation de respect et de protection des droits de l’homme».

Pour le DGSN, «ces performances ont été l’œuvre, de l’avis des observateurs, d’une politique de motivation très soutenue à l’interne, soldée par la promotion de plus de 70 000 policiers aux grades hiérarchiques directs, dont la part du lion est revenue incontestablement à la catégorie des subalternes avec 59 882 promus, soit un taux de 85,54%».
Cette «réponse» intervient quelques jours après la fin du mouvement de protestation de la police. Elle semble destinée aux cadres internes qui auraient formulé des critiques à l’égard de sa politique de gestion des ressources humaines et de promotion de l’encadrement.

Mokrane Ait Ouarabi