Terrorisme et DRS : un député islamiste interpelle Gaïd Salah

Terrorisme et DRS : un député islamiste interpelle Gaïd Salah

El Watan, 12 août 2015

Une première dans les annales du Parlement algérien. Le député Hassan Aribi a adressé une question écrite au vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaid Salah, dans laquelle il lui demande de donner des explications sur le dernier attentat terroriste perpétré à Ain Defla. Pour le député du FJD, les changements opérés dans le corps du DRS ont eu un impact négatif sur le rendement des troupes.

Hassan Aribi, député du Front pour la justice et le développement (FJD), a dressé aujourd’hui mardi une question écrite au général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’Etat-major de l’armée, lui demandant des explications au sujet de l’attentat terroriste qui a fait 9 morts et 2 blessés parmi les éléments de l’ANP, le 18 juillet dernier à Ain Defla. Le député, membre de la commission de Défense au sein de l’APN, s’est référé dans sa question à l’article 134 de la Constitution qui donne aux élus du Parlement le droit de questionner les membres du gouvernement.

« Depuis le début du troisième millénaire, on entend parler du terrorisme résiduel. Mais l’attentat terroriste qui a coûté la vie à des soldats à Ain Defla, le jour de l’aïd, nous pousse à poser la question : monsieur le vice-ministre de la Défense, est-ce que nous affrontons un terrorisme résiduel ou bien nous faisons face à un terrorisme transfrontalier qui exécute ses opérations là ou il veut et quand il veut…. », a écrit Aribi. Et d’ajouter : « Nous avons le droit, en tant que Algériens, de connaître la situation et la réalité des menaces …».

Hassan Aribi a laissé entendre que les 9 soldats tués à Ain Defla ont été abandonnés : « le lieu de l’attentat se trouve près de plusieurs postes militaires qui n’ont pas intervenu pour porter secours à leurs frères d’armes, ou du moins capturer les criminels… ».

Il a également exprimé ses « craintes » quant au changements opérés récemment dans les rangs supérieurs du DRS ( Département du renseignement et de la sécurité). Des changements qui « risquent d’empêcher la couverture des points chauds par les services de renseignements ». Il a demandé à ce propos : « Ou est le renseignement qui couvrent les pas de nos vaillants soldats ? Et comment ils sont tombés dans le piège ? ».

Il a rappelé que « l’Etat consacre des enveloppes considérables au secteur de la Défense pour moderniser l’armée. Nous ne voulons pas que des sommes aussi importantes soient dépensées et qu’en fin de compte, nos soldats tombent dans des embuscades tendues par des terroristes qui utilisent des armes primitives ».

« Je vous demande, respectable vice-ministre, de vous adresser au peuple algérien pour lui expliquer les circonstances qui ont coûté la vie à nos enfants. Nous expliquer ce qui a été fait pour sécuriser nos soldats dans les différents postes militaires… », a conclu Hassan Aribi.

Farouk Djouadi