Un ex-PDG russe condamné: Fin du feuilleton des MiG algériens

Un ex-PDG russe condamné: Fin du feuilleton des MiG algériens

par Oualid Ammar, Le Quotidien d’Oran, 26 mai 2011

L’Algérie est confortée dans ses revendications qui avaient défrayé la chronique, il y a quelques années, au sujet d’une commande de MiG qui se sont révélés défectueux. Deux dirigeants d’usines concernées par ce dossier ont été condamnés à des peines de prison ferme. L’ancien PDG d’une usine russe, «Aviaremsnab», qui a fourni des pièces détachées usagées pour des avions de chasse MiG-29 livrés à l’Algérie a été reconnu coupable d’escroquerie et condamné à sept ans et demi de prison ferme, a annoncé le porte-parole d’un tribunal de Moscou.

Moussaïl Ismaïlov, ancien PDG de l’usine Aviaremsnab qui a fourni en 2006-2007 des pièces détachées usagées de MiG-29 destinées à l’Algérie, «a été condamné à sept ans et demi de prison ferme», a déclaré à l’AFP le porte-parole du tribunal Savelovski de Moscou.

Poursuivi pour «escroquerie à grande échelle», Moussaïl Ismaïlov avait entièrement reconnu sa culpabilité dès le début de l’enquête, selon cette source.

L’Algérie n’avait pas alors étalé le détail de ses griefs sur la place publique. Aujourd’hui, la justice russe s’en charge. L’usine de M. Ismaïlov a fourni des pièces détachées de MiG fabriquées entre 1982 et 1996, en les présentant comme des neuves dans les documents joints, qui ont été falsifiés, selon l’accusation.

Discrètement une enquête contre le fournisseur avait été ouverte en septembre 2009 après la décision d’Alger de refuser une commande de 34 chasseurs russes MiG-29, d’un montant de 1,3 milliard de dollars.

Discrète gestion du contentieux

En février 2008, la presse russe avait rapporté que l’Algérie rendait à la Russie 15 chasseurs MiG-29, fournis en 2006 et 2007, en raison de leur qualité inférieure aux attentes. L’information n’avait alors pas été confirmée officiellement. Elle avait même donné lieu à des spéculations politiques. Alger préférerait se tourner vers un autre fournisseur, avaient avancé des observateurs étrangers. Rien n’est venu confirmer cette allégation. En fait, Alger et Moscou géraient ce contentieux, à leur manière, discrètement. Et s’il a connu des développements judiciaires, c’est que ce contentieux était sérieusement établi par la partie algérienne.

En mars dernier, le PDG d’une autre entreprise, Aviatechnoservis, à Nijni Novgorod (Volga), qui avait également fourni des pièces détachées de mauvaise qualité pour les MiG destinés à Alger, Vladimir Borissov, a été condamné à une peine de trois ans et dix mois de prison ferme. Ces développements devraient contribuer à rétablir la sérénité et la confiance entre Moscou et Alger.

Dans le domaine de l’armement, l’Algérie est l’un des principaux clients de la Russie. Alger avait signé en 2006 lors de la visite de l’ex-président Vladimir Poutine un contrat de plus de 7 milliards de dollars. Il portait notamment sur l’acquisition de 28 chasseurs Su-30MKI (A), 34 MiG-29, 16 avions-écoles Iak-130, quatre systèmes de missiles sol-air S-300PMU-2, 38 missiles sol-air Pantsyr et de 185 chars T-90C. Les livraisons ont été fixées pour 2011, avait-on indiqué.