DRS, DSS… Changement d’acronyme et pérennisation du système

DRS, DSS… Changement d’acronyme et pérennisation du système

Yacine Babouche, TSA, 25 janvier 2016

Quatre mois après la mise en retraite de son chef, le général Toufik, le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) a été officiellement dissous le mercredi 20 janvier dernier par décret présidentiel non publiable. La dissolution, évidemment, est avant tout hautement symbolique. D’aucuns ont bien compris que le DRS est mort le 13 septembre 2015, lorsque le général Toufik avait été démis de ses fonctions par le président Bouteflika.

Tout comme il avait succédé à la SM (Sécurité Militaire) en 1990, le DRS laisse sa place à un nouvel acronyme, la DSS (Direction des services de sécurité), avec le général Bachir Tartag à sa tête, avec le poste de « ministre ». Comprendre : c’est un « civil » qui dirige les services et non un militaire, une première depuis l’indépendance.

Bien que les contours de la réforme des services de renseignement ne soient pas encore tout à fait clairs, la DSS semble avoir récupéré certaines prérogatives qui avaient été retirées au DRS lors de la grande opération de déstructuration ayant débuté durant l’été 2013 et qui a mené à la destitution du général Toufik. Par contre, contrairement à son ancêtre DRS, la DSS ne sera plus sous l’autorité du ministère de la Défense mais sous celle du président de la République.

Au-delà du changement d’acronyme, il s’agit à priori donc clairement d’un retour aux affaires courantes pour les services de renseignements algériens. Au même titre que le passage de la Sécurité Militaire vers le DRS n’avait en rien affecté les pratiques de la police politique, le passage du DRS vers la DSS ne devrait augurer aucun changement dans les pratiques classiques qui ont fait aussi bien la renommée que l’infamie des services de renseignements algériens.

Il semble clair que l’existence de la DSS n’obéit pas à un désir de progrès dans les méthodes, mais qu’elle est plutôt le résultat de la volonté du pouvoir de disposer d’un organe à nouveau acquis à sa cause, dont la principale priorité sera avant tout de contribuer à la pérennisation du système.