Lutte antiterroriste : L’Espagne lance un projet de conférence internationale

Lutte antiterroriste

L’Espagne lance un projet de conférence internationale

El Watan, 18 décembre 2004

L’appel inlassable de l’Algérie en faveur de la tenue d’une conférence internationale sur le terrorisme vient de trouver un écho favorable auprès de l’Espagne, un pays fortement éprouvé cette année par les attentats terroristes (drame du 11 mars). Loin de se contenter d’un simple soutien, le gouvernement espagnol reprend carrément à son compte l’idée formulée depuis des années par l’Algérie.

Citant des sources gouvernementales, le quotidien espagnol El Pais a rendu compte, dans son édition de jeudi dernier, de la décision du gouvernement de Zapatero d’organiser du 8 au 11 mars 2005 à Madrid une conférence internationale sur le terrorisme, destinée à impulser la lutte contre ce fléau à travers l’adoption de mesures concertées. Le quotidien à grand tirage mentionne que le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, avait l’intention de saisir l’occasion de sa participation au Conseil européen, dont les travaux se sont tenus jeudi à Bruxelles, pour inviter les dirigeants des 25 Etats membres de l’Union européenne (UE) à cette conférence, devant coïncider avec le premier anniversaire des attentats de Madrid. Le projet de José Luis Zapatero prévoit, en outre, d’impliquer dans les travaux de cette conférence les leaders de tous les pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que ceux d’une quarantaine d’autres Etats connus pour leur engagement dans la lutte contre le terrorisme, dont plusieurs appartenant au monde arabe et à l’Amérique latine. Les sources citées par El Pais précisent que l’objectif de la conférence est l’élaboration d’un programme contenant des « points susceptibles d’être partagés par tous, en dépit des différences sur la conception de la lutte contre le terrorisme entre courants idéologiques ou pays ».

Démarche concertée

Le quotidien espagnol a laissé entendre aussi que les préparatifs inhérents à la tenue de cette conférence internationale sur la lutte contre le terrorisme sont à un stade avancé. A ce propos, il est souligné que le projet de programme qui sera soumis à la fin des travaux à l’adoption des participants est actuellement préparé par 17 groupes thématiques, sous la direction d’experts académiques comme la professeur à l’université de Harvard, Louise Richardson, assistée par l’ex-secrétaire général d’Interpol, Raymond Kendall. La conférence est, ajoute-t-on, organisée par le Club de Madrid, un forum qui ouvre à favoriser les transitions démocratiques dans le monde. Présidé par l’ancien président brésilien, Fernando Enrique Cardoso, le Club, rappelle-t-on, compte parmi ses membres d’ex-chefs d’Etat comme la Canadienne Kim Campbell, le Russe Mikhaïl Gorbatchev et l’Américain Bill Clinton. Ebranlée par les attentats de Madrid du 11 mars dernier, l’Espagne s’est résolue, depuis cette date, à prendre le taureau par les cornes et à livrer une lutte sans merci au terrorisme. Les services de sécurité espagnols auront certainement du pain sur la planche du fait que leur pays a constitué pendant longtemps une base arrière pour une multitude de groupes terroristes, dont certains sont affiliés à Al Qaîda. Touchée de plein fouet par le phénomène pendant plus de dix ans, l’Algérie a été l’un des premiers pays de la rive sud de la Méditerranée à attirer l’attention sur les risques de la menace terroriste en Europe. Les efforts du gouvernement algérien pour endiguer ce fléau ont déjà conduit à l’adoption d’une convention africaine contre le terrorisme. Rappelons également qu’Alger abrite le siège du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme.

Zine Cherfaoui