Un émir parmi le groupe : Neuf terroristes éliminés à Boumerdès

Un émir parmi le groupe : Neuf terroristes éliminés à Boumerdès

par Naït Ali H. Et K. R., Le Quotidien d’Oran, 1er septembre 2012

Nouveau coup dur pour les groupes terroristes qui sévissent dans la région-centre du pays. En effet, les forces de sécurité ont réussi, jeudi, à mettre hors d’état de nuire, pas moins de 9 terroristes, sur les hauteurs des monts Djerrah, relevant de la commune de Beni Amrane, à une trentaine de kilomètres au sud de la wilaya de Tizi Ouzou.

Selon le communiqué du ministère de la Défense nationale, faisant état de ces éliminations, tout a commencé mercredi par la neutralisation d’un élément d’un groupe armé, repéré dans la zone et la capture d’un second. Le bouclage du lieu de repli des autres membres du même groupe armé a été opéré rapidement avant que l’assaut ne soit donné dans les premières heures de la journée de jeudi. Selon le même communiqué, le groupe entier a été anéanti et un lot d’armes à feu constitué de 5 pistolets mitrailleurs automatiques de type « Kalachnikov », 3 fusils semi-automatiques, 2 fusils à pompe, 2 panneaux solaires, une quantité de munitions et divers autres effets, a été récupéré par les forces de sécurité.

Vraisemblablement c’est un lieu de repli des terroristes qui a été détruit, à l’occasion de cette opération antiterroriste, qui est la plus spectaculaire de ces dernières années, dans la région de Boumerdès.

Selon des sources concordantes, l’ « émir » de la katibat ‘Al Arkam’, Zemmouri Abdelhak, dit ‘Aboubakr’, se trouverait parmi les neuf terroristes éliminés. Âgé de 29 ans, il était à la tête de cette redoutable katiba, qui active essentiellement dans les régions du sud-est de Boumerdès, entre Si Mustapha, Beni Amrane et Lakhdaria (Bouira). Originaire de la région de Zemmouri, à l’est de Boumerdès, ‘Aboubakr’ avait rejoint les maquis de la katiba ‘Al Arkam’ en 2010. Cette opération menée à Boumerdès, intervient au lendemain d’un Ramadhan plutôt « calme » comparativement aux années précédentes.

Le dispositif sécuritaire déployé semble très efficace ou du moins a contraint les groupes armés à se replier bien que plusieurs tentatives de perpétrer des attaques contre les forces de sécurité aient été enregistrées, notamment dans le sud du pays et à Ghardaïa où 3 membres dont le chef de la commission juridique de l’AQMI, Necib Youcef alias Abou Ishak Assoufi ont été arrêtés, dans un barrage de contrôle à Berriane, à la suite d’une filature menée sur la base des renseignements tombés aux mains des forces de sécurité. Le même jour de ces arrestations 4 autres terroristes ont été éliminés à Khenchela. Le 23 août dernier 3 autres terroristes ont été neutralisés dans un café à Blida, alors qu’ils s’apprêtaient à commettre un attentat dans la région. D’autres opérations antiterroristes, menées dans différentes régions du pays, ont été couronnées de succès grâce au travail de renseignements des services de sécurité qui a, semble-t-il, bien être repris ces derniers mois, à la faveur du contexte sécuritaire régional, notamment les événements au Sahel ou encore en Libye et en Tunisie.

L’Algérie est plus que jamais confrontée, à ses frontières, à l’activisme des groupes armés agissant sous la houlette d’«Al Qaida au Maghreb islamique».

Face à une telle situation, les forces de sécurité ont accentué leur vigilance et augmenté leur présence sur le terrain et bien entendu en équipements utilisés dans la lutte antiterroriste. Les régions réputées servir de zones de repli ou de transit des terroristes ont été placées sous haute surveillance. La situation au Sahel qui préoccupe l’Algérie a ainsi boosté le travail des forces de sécurité sur le terrain et plus particulièrement au plan de la collecte du renseignement qui est l’arme la plus efficace en pareille situation. Cela assure le succès et surtout anticipe et fait avorter les plans terroristes.

Conséquence directe du renforcement des dispositions sécuritaires, les groupes armés sont contraints de se replier et de limiter leurs mouvements pour ne pas attirer l’attention des forces de sécurité.

Selon des observateurs avertis des questions sécuritaires, les groupes armés affiliés à l’AQMI, présents au Nord du Mali, sont en train de voler au secours de leurs acolytes qui sévissent en Algérie, en utilisant l’affaire des otages algériens aux mains du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), pour faire pression et obtenir la libération des terroristes arrêtés par les forces de sécurité algériennes.

Ces neutralisations qui ont permis à l’armée algérienne de mettre la main sur des précieux documents liés aux à l’activisme des groupes armés ont contraint également ces derniers à revoir leurs plans. La situation sécuritaire en Algérie est appelée à connaître une évolution dans les prochaines semaines qui pourrait être déterminante pour l’activisme des groupes armés devenus, de plus en plus, isolés, soutiennent des observateurs.