Qui mettra fin aux provocations d’Ali Benhadj ?

Commentaire de l’article: Qui mettra fin aux provocations d’Ali Benhadj ?

Djameledine Benchenouf, http://esperal2003.blogspot.com/

Il parait que même à la retraite, hadj Zoubir, encore un autre hadj, n’est jamais bien loin. Il parait même qu’il est encore plus près qu’on ne croit. Ce qui chiffonne le plus un certain clan du DRS, pas celui qui voudrait tout mettre sur le dos de Hadj Smaïn, puisqu’il n’est plus là, c’est que la presse « indépendante » n’est plus la seule sur le marché de l’information, et surtout de la désinformation. Il y a quelques années, Ali Benhadj n’aurait jamais pu exprimer de telles vérités. Toute la presse indépendante, oublions les guillemets, se serait dressée comme un seul homme pour fustiger le Savonarole, comme ils disent. Il n’y a qu’à voir le nombre de réactions de toute la presse d’aujourd’hui, aux déclarations de Ali Benhadj, pour se faire une idée du chemin parcouru. L’auteur de l’article dénie à Ali Benhadj le droit de s’exprimer parce que, dit-il, cela lui est interdit »officiellement ». Or, le droit de s’exprimer est un droit humain inaliénable, qu’aucune disposition « réglementaire », à fortiori lorsqu’elle émane de bandits et de criminels, ne peut oblitérer. L’auteur de l’article continue dans sa véhémente protestation et accuse Ali Benhadj d’avoir violé les dispositions de la charte nationale pour la réconciliation. En fait, Ali Benhadj, comme de nombreux algériens et ONG, ne reconnaît pas cet arsenal juridique qu’il qualifie de crime parce qu’il tente de soustraire des criminels de masse à la justice. Le référendum populaire qui a agrée le processus a été entaché d’irrégularités et ne peut, de toutes façons, absoudre des crimes contre l’humanité, qui sont et demeurent imprescriptibles. Mais à supposer que le mise en oeuvre de cette Loi scélérate soit réellement et finalement agrée par cette « souveraineté populaire » à deux vitesses, Ali Benhadj ne l’a en aucun cas violée. L’auteur de l’article cite un passage de cette charte ou il est stipulé que nul ne peut… »nuire à l’honorabilité de tous ses agents qui l’ont dignement servi, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international”. Or, si l’on considère qu’un agent de l’état s’est servi des moyens que lui confèrent ses attributions pour s’enrichir, enrichir sa famille, user de passe-droits, contourner la loi en vue d’un enrichissement illicite et surtout exécuter et faire perpétrer des massacres et des exécutions extrajudiciaires sur d’innombrables personnes civiles, cela ne s’appelle pas « dignement servir l’état ». C’est juste le contraire. Dénoncer ces individus et demander à ce qu’ils soient traduits en justice ne ternit en rien l’image de l’Algérie sur le plan international et relève même du devoir civique. Ne pas les dénoncer devient de la complicité dans des crimes contre l’humanité. Ce qui est éloquent en soi, est que l’auteur de l’article n’a, à aucun moment, hormis les termes contenus dans le titre, tenté de la plus timide manière de laver le général Smäïn Lamari des accusations qui ont été portées contre lui par Ali Benhadj. Parce qu’il est difficile de défendre l’indéfendable, et parce qu’on n’éclipse pas le soleil avec un tamis, comme on dit chez nous.

D.Benchenouf


  Qui mettra fin aux provocations d’Ali Benhadj ?

Par : Samar Smati, Liberté, 2 septembre 2007

Ali Benhadj vient une nouvelle fois de s’attaquer avec virulence à l’État et ses institutions. Une fois de plus, et en l’absence de réactions antérieures, il viole les dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Une fois de trop !
Officiellement, Ali Benhadj n’a pas le droit de s’exprimer dans la presse ou de faire des déclarations ou des interventions à caractère politique. Officiellement seulement. Il vient une nouvelle fois de le prouver en accordant, jeudi, un entretien à la chaîne arabophone Al-Hiwar, dans lequel il livre sa version d’une tragédie que des millions d’Algériens ont vécue mais également en s’attaquant aux institutions de l’État. Ceci en violation des dispositions qui lui permettent aujourd’hui de circuler librement. Les dernières en date étant celles de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Le texte adopté par référendum populaire le 29 septembre 2005 stipule que “le peuple algérien affirme que nul en Algérie ou à l’étranger n’est habilité à utiliser ou à instrumentaliser les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et populaire, fragiliser l’État, nuire à l’honorabilité de tous ses agents qui l’ont dignement servi, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international”.La souveraineté populaire est là encore malmenée. Depuis juillet 2003, date de sa libération, après 12 ans d’incarcération, l’ex-numéro deux du Front islamique du salut dissous, (ex-FIS), n’a pas cessé de violer les dispositions prises à son encontre. En premier par le tribunal militaire de Blida qui l’avait condamné. Une dizaine de mesures, notamment des interdictions spécifiques lui ont été notifiées à sa sortie. Il n’en aura eu cure. Ses sorties allant crescendo. Le point d’orgue a été atteint lorsqu’il a cautionné et justifié l’enlèvement par Abou Moussab Al-Zarkaoui des deux diplomates algériens à Bagdad considérant de fait que la présence de représentants de l’Algérie en Irak était une “caution à l’occupation”. Peu de temps après, les deux diplomates étaient assassinés. Les institutions de la République ont alors réagi. Une information judiciaire avait été ouverte à son encontre pour sept chefs d’inculpation dont “atteinte à la sûreté de l’État, apologie du crime et du terrorisme, appel au meurtre, apologie du terrorisme international, atteinte à l’institution judiciaire, usurpation de fonction de responsable de parti dissous et détention d’écrits subversifs”. Il bénéficiera, comme beaucoup d’autres, des dispositions de grâce prévues par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. À peine libéré que Ali Benhadj reprend allègrement le chemin qu’il s’est tracé et de vilipender à qui veut l’entendre les lois de la République et la douleur de tous ceux qui ont payé le prix fort du pardon. Chaque occasion est trouvée pour que Ali Benhadj s’exprime, apparaisse ou tienne cour. Procès Khalifa à Blida, attentat contre le Palais du gouvernement, opérations militaires à Yakourène, ses sorties ponctuelles interviennent à des moments-clés ou tragiques. Un exhibitionnisme qui laisse de marbre, du moins en façade, les institutions de la République. Il serait utopique de croire que Ali Benhadj ignore les mesures prises à son encontre ou leur teneur. Il n’ignore pas non plus l’article 60 de la Constitution. La loi fondamentale stipule que “nul n’est censé ignorer la loi”. Toute personne est tenue, selon cet article, de respecter la Constitution et de se conformer aux lois de la République. Mais qu’attendre de quelqu’un qui n’a pas hésité à déclarer l’État et toute la population d’apostats, les livrant ainsi à une guerre sans nom ? Rien. Absolument rien. Mais que d’autres ignorent les lois a de quoi étonner. La souveraineté de l’État s’exerce aussi dans sa capacité à faire respecter et appliquer les lois algériennes. Il y va de sa crédibilité tant au plan national qu’international. L’article 145 de la Constitution commande à “tous les organes qualifiés de l’État, d’assurer en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance, l’exécution des décisions de justice”. La loi fondamentale ne fait pas dans la demi-mesure. Ni dans la politique des deux poids, deux mesures. Elle met en demeure toutes institutions dans ce cadre. Le garant de la Constitution, quant à lui, est le président de la République, chef suprême des armées et premier magistrat du pays. L’étrange absence de l’État et de ses institutions est flagrante dans le cas de Ali Benhadj. Les violations commises par l’ex-numéro deux du FIS dissous se multiplient sans qu’aucune mesure ne soit prise. Il n’est pas le seul d’ailleurs. Le terrain est miné. La justice devient étrangement sourde ou aveugle dans ce genre de cas. Une telle permissivité, une telle malléabilité dans l’application de la charte, dans l’exécution des décisions de justice, ne sont pas le reflet d’un État fort, ni d’un peuple souverain. Elles ouvrent la voie à tous les excès. Comment arriver dans ces conditions à faire respecter les lois et la réglementation par le plus simple des Algériens ? Comment faire comprendre à des familles de victimes du terrorisme, à des familles de jeunes appelés, djounoud ou membres des forces de l’ordre assassinés par des terroristes, que la Charte qu’ils ont approuvée pour le pardon et pour la paix, n’est appliquée que pour les mesures de grâce ? Comment accepter que la mémoire de ces martyrs soit bafouée par ceux-là mêmes qui ont bénéficié de la mansuétude d’un peuple meurtri ? Peut-être en faisant en premier respecter les lois de la République par ceux qui sont censés les appliquer. “Si le terrorisme est vaincu, l’intégrisme est toujours là… “, déclarait, il y a près de quatre ans, le général-major Mohamed Lamari, l’ancien chef d’état-major de l’ANP. La situation n’a pas beaucoup changé depuis. Si ce n’est que tous les acteurs de la tragédie nationale sont libres et que chacun refait l’histoire à sa manière. Au vu et au su de tous…
Samar Smati