Après l’inculpation des 18 Gendarmes: Un clan de l’Armée casse une décision de Justice!

Après l’inculpation des 18 Gendarmes:

Un clan de l’Armée casse une décision de Justice!

Djamaledine Benchenouf, 15 mars 2007, http://esperal2003.blogspot.com/

Des informations nous confirment que 18 gendarmes, dont des gradés, auraient effectivement été inculpés et placés en détention préventive dans l’affaire de Kaïs qui a coûté la vie à deux jeunes Algériens. Selon certaines sources, la décision aurait été décidée conjointement entre la Cour d’Oum el Bouaghi et le Parquet militaire de Constantine. Selon d’autres elle aurait soulevé un problème entre la première et le second ! Mais dans un cas comme dans l’autre, l’inculpation a eu lieu, ainsi que la mise en détention préventive.
Il n’y a aucun doute pour qui connaît le mode de fonctionnement du régime algérien qu’une mesure d’une telle gravité n’a pu être que « suggérée » par des cercles situés au plus haut du pouvoir de l’Etat. Avec l’accord du Commandement militaire virtuel ! Probablement, parce que l’enquête sur ce qui s’est passé à Kaïs a révélé de graves dysfonctionnements au sein de la Gendarmerie de Kaïs et des abus dans les faits qui ont entraîné la mort des deux jeunes hommes. Parce qu’il était devenu urgent de rétablir la confiance entre la population et les forces de l’ordre. Parce qu’il fallait soustraire celles-ci à la terrifiante logique des mafias qui ont pris le pays en otage et qui préfèrent avoir sous la main des services de sécurité corrompus, pour consacrer le fossé entre un Etat oppresseur et une population asservie, avec l’aide de ses propres enfants, jetables et interchangeables, qu’on a revêtus d’un uniforme de circonstance, en attendant de les remplacer quand ils auront été tués par ceux qu’ils oppriment par procuration.

Une telle mesure ne s’est jamais produite dans le pays, depuis son indépendance. Malgré des dépassements autrement plus graves, notamment lors des tragiques évènements d’Octobre 88 ou ceux de Kabylie. Aucun magistrat civil et encore moins une Chambre d’accusation n’aurait pu, en situation ordinaire, inculper et placer 18 militaires en détention préventive, sans un aval politique éminent. Vraisemblablement celui du Chef de l’Etat lui même!
Le commun des mortels en Algérie sait parfaitement qu’il n’existe pas l’ombre d’une possibilité pour qu’un magistrat civil procède à une inculpation de 18 gendarmes de son propre chef ! C’est totalement exclu ! Nous ne le dirons jamais assez !

Il faut par ailleurs retenir le fait que l’inculpation n’a concerné que 18 Gendarmes ! Alors que toute la compagnie territoriale était engagée dans l’évènement. 18 Gendarmes sur plus d’une centaine d’autres éléments engagés dans l’évènement. Pourquoi ceux là et pas les autres? C’est dire que la recherche a abouti à des dépassements flagrants et imputés. D’autant que la gendarmerie de Kaïs était réputée dans toute la région, depuis des années, pour sa forte implication dans des trafics en tout genre. D’autant que le comportement de ses membres avait déjà crée des problèmes avec la population.

Ces Gendarmes inculpés ont pourtant été libérés ! En violation d’une décision expresse et formelle de Justice. Leur inculpation sera probablement annulée, s’il elle ne l’a déjà été. Des journaux aux ordres vont se faire un devoir d’expliquer à l’opinion qu’il y a eu confrontation de prérogatives judiciaires, entre les instances militaires et civiles. Pour escamoter la vérité. Je ne pense pas que des voix, de l’intérieur de l’Algérie, s’élèveront pour dire qu’une bande de bandits qui se sont nommés les uns les autres aux plus hauts grades de l’Armée, a défié la République qu’elle prétendait défendre, parce qu’elle a estimé qu’il était dangereux pour sa propre survie que la vraie République puisse reconquérir ses attributs. Que tous les Algériens soient égaux devant la Loi ! Qu’aucun membre des forces de l’Ordre ne puisse outrepasser ses prérogatives ! Que la vie de tous est sacrée ! Que quiconque doit rendre compte de ses actes ! Quel qu’il soit ! Que nul n’est au dessus des lois!

Les Algériens et le monde entier doivent savoir qu’un cercle du Commandement militaire, celui qui entretient la violence terroriste et qui instrumente une mafia politico financière à sa dévotion, a réagi immédiatement à la mesure d’inculpation des 18 gendarmes. Il en a fait une affaire de première importance ; il a même battu le rappel de Généraux qui avaient été mis à la retraite et qui continuent de considérer que rien ne doit se faire sans leur consentement. Il a donné des ordres pour que les gendarmes inculpés et incarcérés soient libérés sur le champ. Sans même négocier avec qui que ce soit. Il l’a décidé unilatéralement, parce qu’il s’est senti menacé. Cette décision de Justice contre des militaires qui ont tué des civils, la premiere de la Justice algérienne depuis l’indépendance, serait elle dictée par le Pouvoir politique, représente à leurs yeux un grave précédent, une dérive. Ils considèrent qu’il y va de leur propre survie. Dans leur logique mafieuse, cela ouvre, en effet, la porte à n’importe quel magistrat de la République de pouvoir les inculper eux même pour des faits qui pourraient leur être reprochés ultérieurement. Après qu’ils se soient auto amnistiés pour leurs crimes passés. Au moment où ils envisagent de réactiver la violence terroriste et de se positionner en rempart d’un occident qui joue à se faire peur. Ce serait la fin de leurs rêves de héros de la « global war », de leur règne despotique et de leurs abus. Le commencement d’une autre Algérie. Une Algérie débarrassée de leur présence mortifère.

Cette information étant d’une importance capitale pour l’avenir de l’Algérie, il est necessaire de répéter que des responsables de l’Institution militaire, aux plus hauts niveaux de commandement, et même d’ex chefs de l’Armée qui avaient été mis à la retraite mais qui se considèrent toujours comme des Autorités ayant droit de regard dans tout ce qui concerne la marche du pays, ont manifesté leur refus catégorique d’une décision de justice émanant d’instances judiciaires, civiles et militaires. Des réunions de plusieurs Chefs de l’Armée auraient eu lieu et des pressions insoutenables auraient été exercées pour contrer la marche de la Justice.
Cette intrusion de certains chefs de l’Armée doit être considérée comme une rébellion et une action délibérée contre la République.
C’est un acte de terrorisme contre tout le peuple algérien.
Djamaledine BENCHENOUF