Dellys: Un autre attentat kamikaze

30 morts et 47 blessés à Dellys

Un autre attentat kamikaze

par K. R, Le Quotidien d’Oran, 9 septembre 2007

La ville portuaire de Dellys, à 50 km à l’extrême-est du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès, a été fortement secouée, hier matin, par un attentat kamikaze perpétré vers 7 heures 40 contre une caserne des gardes-côtes du port de Dellys. L’ignoble attentat qui a ciblé cette unité de la marine nationale a fait, selon des sources hospitalières, 30 morts et 47 blessés. Ce lourd bilan risque de s’aggraver vu l’état critique dans lequel se trouvent plusieurs blessés admis à l’hôpital de Dellys. Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, «l’attentat perpétré samedi matin à Dellys au niveau d’une caserne militaire a fait 30 morts dont trois civils et 47 blessés parmi eux trois civils». Un bilan établi «après intervention des moyens de secours», précise le même communiqué qui signale que «les deux terroristes auteurs de l’attentat ont péri sur les lieux».

D’après des témoignages de citoyens, le kamikaze a foncé directement avec son véhicule de marque Renault Trafic balayant au passage le grand portail de l’unité des gardes-côtes pour atteindre un contingent qui s’apprêtait à procéder à la levée des couleurs. Le véhicule du kamikaze était bourré de TNT comme en témoignent la puissance de la déflagration et les lourdes pertes enregistrées. Après l’explosion, il ne restait pas grand-chose des chalets en préfabriqué qui étaient installés dans l’enceinte de la caserne. Selon certains, le véhicule utilisé par le kamikaze serait celui qui servait à l’approvisionnement de la caserne. Le livreur habituel aurait été enlevé avant l’attentat. Sur les lieux, c’est l’horreur. Même les habitations des citoyens habitant le quartier Bennatis où a été perpétré ce lâche attentat n’ont pas été épargnées, touchées par le souffle de l’explosion. Des murs se sont fissurés et les vitres ont volé en éclats sur plusieurs dizaines de mètres.

Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux de l’attentat, les services de sécurité avaient déjà bouclé tout le secteur, tout en dressant un imposant dispositif de sécurité empêchant ainsi tout accès à la zone. Un chassé-croisé d’ambulances évacuant les blessés et les dépouilles des victimes vers l’hôpital de la ville.

«C’est vraiment l’horreur. Je n’ai jamais vu une telle scène. Des corps sans vie et des morceaux de chair dispersés un peu partout. Des mares de sang», relate encore sous le choc un employé du port de Dellys. Notre interlocuteur indique que beaucoup parmi ses collègues ont été grièvement blessés par l’explosion car la caserne est mitoyenne au port commercial où travaillent nombre d’habitants de Dellys. Au niveau de l’hôpital, des centaines de citoyens ont accouru pour s’informer de la situation de leurs parents ou amis. D’autres se sont rendus spontanément à l’hôpital pour faire don de leur sang. Par ailleurs, le wali de Boumerdès accompagné des autorités militaires et civiles s’est rendu sur les lieux de l’attentat pour s’enquérir de la situation et superviser les opérations de secours et de prise en charge des victimes. Parmi la population, c’est l’indignation. Beaucoup ne cachent pas leurs appréhensions. Chacun allait de sa propre version faisant le lien avec l’attentat de Batna perpétré jeudi. Pour les plus avertis, l’attentat kamikaze de Dellys rappelle celui perpétré contre une caserne à Lakhdaria à l’est de Bouira, qui avait fait 10 morts et 35 blessés parmi les militaires.