L’Algérie est frappée dans un contexte social difficile

L’Algérie est frappée dans un contexte social difficile

El Watan, 12 décembre 2007

Le double attentat qui a ébranlé, hier matin, la capitale intervient dans un contexte pour le moins difficile, selon de nombreux analystes.

Un front social en ébullition dû par le fait d’une brusque dégradation du pouvoir d’achat, une démission quasi générale par rapport à la chose politique. Le tout émaillé d’un débat à « sens unique », imposé par le FLN, qui a trait à un éventuel amendement de la Constitution ouvrant la possibilité au Président de briguer un troisième mandat. Tout compte fait, selon les mêmes analystes, « l’Algérie est en train de traverser une zone de fortes turbulences, ce qui laisse, malheureusement, les portes grandes ouvertes à la nuisance terroriste », commente-t-on. Téléguidés par des puissances étrangères ou agissant pour leur propre compte, les terroristes, selon les observateurs, ont choisi cette période d’« agitation » pour passer à l’acte. Il faut également retenir le fait que ce double attentat intervient quelques jours après la visite du président français en Algérie. Le timing retenu a-t-il un lien avec la visite de Nicolas Sarkozy que d’aucuns n’hésitent d’ailleurs à qualifier de « négative » pour les intérêts de l’Algérie ? « Contrairement au Maroc qui devra abriter, entre autres, investissements productifs, un méga complexe de construction automobile de marque Peugeot et une ligne de TGV, l’Algérie se contentera encore de faire du commerce », scande-t-on dans les milieux économiques. En effet, les spécialistes rappellent que les 5 milliards d’euros qu’Alger s’engage à « verser » à Paris représentent des achats, « bénéfiques dans un sens, puisqu’il s’agit d’équiper le métro et les lignes de tramways de quelques villes algériennes ». « On ne peut considérer cela comme un IDE (investissement direct étranger), surtout en ce qui concerne le fameux contrat du gaz. Là encore, il ne faut pas se leurrer, car 51% des actions seront détenues par les français, à savoir Total », explique-t-on encore. L’on s’interroge aussi sur cet acharnement terroriste qui s’abat sur l’Algérie, « réduite, relève encore le tout Alger politique, à servir de réceptacle aux produits finis d’Europe et d’Asie ». « Sans rappeler son caractère abject, le terrorisme ne semble pas si aveugle que cela. Nous sommes face à une force dont l’intention est d’empêcher le pays à décoller son économie », estiment encore les spécialistes.

Djamel Zerrouk