Sept responsables de l’attaque de Tiguentourine éliminés par l’armée française

Selon le général Pierre De Villiers

Sept responsables de l’attaque de Tiguentourine éliminés par l’armée française

El Watan, 25 octobre 2014

Coup dur porté aux djihadistes qui ont mené l’attaque contre le site gazier de Tiguentourine (In Amenas) en janvier 2013. Sept des huit chefs de l’attaque ont été tués, a révélé le chef d’état-major des armées françaises, le général Pierre de Villiers. «Sur les huit chefs, nous avons neutralisé sept d’entre eux. Il n’en reste plus qu’un et nous l’aurons», a déclaré de Villiers sur les ondes d’Europe1.

Le huitième chef terroriste serait Mokhtar Belmokhtar, alias le Borgne. Le chef des armées françaises ne fournit pas plus de précision ni sur l’endroit où a eu lieu l’opération de neutralisation des chefs terroristes ni sur le moment. Le général de Villiers, qui était en visite en Algérie à la mi-septembre, prévient : «Si on ne va pas les détruire sur place, un jour ils viendront nuire chez nous.»

Pour sa part, l’AFP a indiqué que des responsables du ministère français de la Défense avaient assuré auparavant que «la plupart des responsables de l’attaque d’In Amenas avaient été tués» et que «l’attaque avait eu lieu en Algérie». Et de préciser que des djihadistes, dont Belmokhtar, se seraient «réfugiés en Libye».

L’annonce du chef d’état-major des armées françaises intervient au moment où la France s’apprête à renforcer son dispositif militaire dans le nord du Mali dans l’objectif de «riposter à la recrudescence des attaques terroristes dans la région ces dernières semaines». Les groupes terroristes ont attaqué les positions des forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) à Kidal. Une vingtaine de soldats africains de la mission ont péri durant ces attaques.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui se trouve dans la capitale malienne, a déclaré : «Depuis quelque temps, il y a une recrudescence du terrorisme au nord du Mali. C’est dû à une volonté des groupes terroristes de revenir sur leur défaite de 2013. Il ne faut pas laisser ce mal revenir, c’est la raison pour laquelle nous avons commencé à renforcer notre effort au nord du Mali.»

De l’autre côté des frontières, l’armée algérienne intensifie ses opérations, notamment sur la bande frontalière avec la Libye. Des unités d’élite sont mobilisées pour traquer les groupes terroristes qui se seraient repliés en territoire libyen. Si l’Algérie demeure attachée à sa doctrine de non-intervention militaire en dehors de son territoire, elle investit par contre le terrain diplomatique, notamment depuis l’arrivée de Ramtane Lamamra à la tête du ministère des Affaires étrangères.

Alger, qui abrite le processus du dialogue intermalien en vue de parvenir à un accord entre Bamako et les groupes du Nord, s’apprête à accueillir les négociations interlibyennes. Le chef de la diplomatie algérienne, fortement impliqué dans ces deux processus parallèles, privilégie «l’approche politique à l’option militaire» dans le règlement des crises sécuritaires qui minent la région.
Hacen Ouali