Quel sort pour le GSPC ?

Quel sort pour le GSPC ?

El Watan, 4 janvier 2004

Que reste-t-il du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), né en 1998 sous la houlette de Hassan Hattab après une scission au sein du Groupe islamique armé (GIA) ? Ali Tounsi, patron de la Direction nationale de la sûreté nationale (DGSN), avait révélé, dans une interview accordée en décembre 2004 à notre confrère La Tribune, que 300 éléments de ce groupe étaient toujours en cavale. Ils obéissent aux ordres d’Abou Mossaâb Abdelouadoud, de son vrai nom Abdelmalek Dourkdal, à la tête du GSPC depuis la mort de Nabil Sahraoui. Celui-ci a été tué, fin juin 2004, dans la région montagneuse de l’Akfadou (Béjaïa), avec quatre éléments de son groupe par les forces de l’Armée nationale populaire (ANP). Quant au numéro 2 du GSPC, en l’occurrence Abderezzak « El Para », de son vrai nom Amari Saïfi, il a été livré, fin octobre 2004, aux autorités algériennes par la Libye après qu’il eut été détenu, pendant des mois, par les rebelles du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT). La capture d’El Para a considérablement réduit la force d’action du GSPC, estiment les forces de sécurité. Il faut rappeler qu’en février 2004, une unité armée du GSPC a été neutralisée par l’armée au sud d’In Salah (Tamanrasset) et un important lot d’armement et de munitions a été récupéré. L’agence de presse APS, citant à l’époque un communiqué de l’état-major de l’ANP, avait précisé que l’armement récupéré comportait principalement 17 armes lourdes (mortiers, mitrailleuses et lance-roquettes), 220 armes légères, dont 190 kalachnikovs, des fusils à lunette, des pistolets automatiques, un important lot de munitions, ainsi que des équipements de communication, dont 11 téléphones satellitaires. Un tel lot devait servir aux éléments qui activent toujours pour mener des actions terroristes. Selon le communiqué en question, ce groupe, qui tentait de s’infiltrer par la frontière algéro-malienne, « avait acheté, à des trafiquants de pays limitrophes subsahariens, des armes avec l’argent de la rançon payée (cinq millions d’euros) » par l’Allemagne pour obtenir la libération de 32 touristes, pour la plupart de nationalité allemande. Ces derniers avaient été enlevés, en février 2003, par le GSPC dans le Sud algérien et libérés au Mali le 18 août de la même année. C’est le chef du GSPC dans le Sud algérien Mokhtar Benmokhtar dit « Laouar » (le Borgne) qui avait engagé l’opération, mais celle-ci avait eu un tel retentissement médiatique que Abderrazzak El Para a dû quitter les Aurès, sa région natale, pour en prendre la direction. Benmokhtar tente, depuis des années, de menacer les compagnies pétrolières étrangères implantées au Sud en s’attaquant notamment aux pipelines. Il s’était surtout illustré, fin 2002, par le détournement de 17 véhicules 4X4 de marque Toyota et d’un semi-remorque appartenant à une compagnie pétrolière occidentale basée dans la localité de Ouanet (Illizi). En 1999-2000, Benmokhtar avait menacé de s’attaquer aux participants au Rallye Paris-Dakar qui traversait le nord du Niger. Les organisateurs du rallye seront dissuadés de poursuivre la course dans cette région au point de lancer un pont aérien vers le Mali.

S. E. Belabès