5 millions d’euros auraient été versés au GSPC pour la libération du couple autrichien

5 millions d’euros auraient été versés au GSPC pour la libération du couple autrichien

Le rôle intrigant du président malien

Par M. Abi, Le Jeune Indépendant, 3 novembre 2008

D’intrigantes et graves révélations viennent d’être faites sur le rôle joué par le président malien et les autorités libyennes dans les «négociations» entamées pour la libération de Wolfgang Ebner, 51 ans, et d’Andrea Kloiber, 44 ans, deux otages autrichiens pris par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le 22 février dans le désert tunisien.

Le consul malien à Djeddah, Ayad Ag Ghali, et le maire Baba Ould Echeikh ont été les intermédiaires entre les ravisseurs du GSPC et le gouvernement autrichien pour la libération des deux otages, et ce avec l’accord du président malien Amadou Toumani Touré, qui a fait de son pays un sanctuaire pour les terroristes, révèlent des recoupements. Autre fait gravissime à relever, celui qui consiste en l’ordre donné par le président malien de pourchasser des citoyens maliens qui empoisonnaient la vie de ses « protégés » terroristes du GSPC. Parmi ces citoyens, les rebelles du Nord, des Touareg qui avaient fait barrage aux activités du GSPC dans cette région. Ce qui n’aurait pas plu à certains dirigeants maliens qui ont ordonné à l’armée malienne de combattre ces Touareg. Il est nécessaire de rappeler, par ailleurs, que pour obtenir la libération des otages, le dirigeant autrichien d’extrême droite, Jorg Haider, décédé depuis lors dans un accident de voiture, avait usé de sa relation privilégiée avec Seif El-Islam, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, pour s’impliquer dans le dossier. « La fondation Khadafi, créée par Seif El-Islam, avait déjà joué un rôle important dans le dénouement de plusieurs prises d’otages dans la région», avaient rapporté des médias occidentaux. L’axe Mali-Libye semble se préciser de façon irréfutable dans le règlement de cette affaire. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi qui, récemment, a tenté de court-circuiter l’accord d’Alger conclu pour régler le différend entre le gouvernement malien et les Touareg, accord qui a pour seul but de rétablir la paix, la sécurité et le développement économique du peuple malien, ne serait pas étranger au flou entourant cette affaire. Il est vrai que, contrairement aux déclarations faites par le gouvernement autrichien, une rançon évaluée à 5 millions d’euros a été payée par les Libyens au GSPC en contrepartie de la libération du couple autrichien, soutiennent des sources concordantes.

D’étranges similitudes et de nouvelles informations viennent rappeler l’affaire des 32 touristes européens kidnappés en 2003 par Amari Saïfi, alias Abderrezak El-Para, à l’époque «émir» de la zone 5 de cette organisation terroriste. Il y a d’abord, et c’est là un détail qu’il ne faut surtout pas négliger, le montant de la rançon. Les ravisseurs de ce couple autrichien avaient auparavant exigé la libération d’islamistes détenus en Algérie et en Tunisie, en contrepartie de la libération des deux otages. L’un des islamistes détenus en Algérie et dont le GSPC, qui a revendiqué l’enlèvement de Wolfgang Ebner et d’Andrea Kloiber, a exigé la libération, n’est autre qu’Abderrezak El-Para. C’est lui d’ailleurs qui a créé en 2002 katibet Tarek Ibn Ziad qui a enlevé les 32 touristes européens et, récemment, le couple autrichien.

Les quantités importantes d’armes de guerre et de munitions, dont des missiles sol-sol de longue portée de type Law, des lance-roquettes et autres armes de guerre achetées par le GSPC au Mali, avec les 5 millions d’euros versés comme rançon au GSPC, en contrepartie des touristes européens enlevés en 2003, donnent un large aperçu sur la facilité avec laquelle cette organisation terroriste s’est dotée de cet armement dans ce pays. En acceptant que des «négociations» aient lieu sur le sol de son pays entre une organisation terroriste, le GSPC, et le gouvernement autrichien, Amadou Toumani Touré est devenu le seul chef d’Etat au monde à bénéficier du soutien international tout en protégeant des terroristes. Cela, bien sûr, en dépit des résolutions pertinentes de l’ONU et de l’Union africaine.
Enfin, une autre similitude, et pas des moindres, est le montant de la somme représentant la rançon que le GSPC avait obtenue de la part du gouvernement allemand pour la libération des otages. Parmi les 32 touristes européens, une autre partie avait été libérée grâce à une opération réussie de l’ANP. Le gouvernement allemand aurait versé 5 millions d’euros, malgré le démenti des autorités de ce pays, à El-Para et ses acolytes. Dans cette nouvelle affaire, il s’agirait, encore une fois, de 5 millions d’euros qui auraient été versés aux ravisseurs du couple autrichien, malgré le démenti du gouvernement autrichien, cette fois. Les lieux changent, les dates aussi, mais pas les procédés.

En effet, comme dans de précédentes affaires, les dirigeants libyen et malien se distinguent par un rôle flou dans le « dénouement » de ces affaires. M. A.


Alors que la Libye a payé 5 millions d’euros pour les otages autrichiens

Quand le Mali négocie avec le GSPC

Par :Mounir Boudjema, Liberté, 3 novembre 2008

L’affaire des deux otages autrichiens s’est bien terminée. Mais les conditions de leur libération
sont toujours aussi troubles, ainsi que le rôle joué par les présidents malien et libyen.

Huit mois dans le désert et quelques coups de soleil après, Wolfgang Ebner et Andrea Kloiber ont été libérés contre une rançon. Dans le milieu des négociateurs, le paiement d’une “dîme” aux terroristes du GSPC qui ont posé quatre ultimatums sans jamais passer à l’acte, on hésite seulement sur le montant “de 3 à 5 millions d’euros”. Le problème est que le gouvernement autrichien n’a jamais payé cette somme, encore moins le Mali, mais bel et bien le leader Mouammar Al-Kadhafi qui est venu à la rescousse de son ami et homologue malien, Amadou Toumani Touré.
Car dans cette sombre
histoire, les présidents libyen et malien ont joué avec le feu et les mallettes d’euros. L’implication d’Al-Kadhafi dans le dossier a commencé lorsque le leader d’extrême droite autrichien, Jorg Haider, qui s’est tué récemment en voiture, a demandé à son ami Seïf El-Islam Al-Kadhafi de l’aider à libérer les otages. Les deux hommes voyant l’opportunité dans cette affaire de récolter les lauriers politiques. Haider en augmentant sa popularité la veille d’élections et les Kadhafi toujours à la recherche de “coups médiatiques” afin de redorer le blason de Tripoli depuis la levée de l’embargo.
Al-Kadhafi met à contribution Amadou Toumani Touré (ATT), le président malien dont le nord du pays est infesté de groupuscules du GSPC qui sont aussi à l’aise que dans une colonie de vacances. Bamako bat le rappel d’Ayad Ag Ghali, consul malien à Djeddah, et met le maire de Kidal, Baba Ould Cheikh, sur le dossier. Durant des mois, ils ont été les principaux négociateurs avec le GSPC, sans aucune arme et apparemment sans craindre pour leur vie. Ils informaient les Autrichiens des revendications des terroristes et négociaient le prix de l’otage fixé à plus de 2 millions d’euros.
Malgré ses discours musclés sur le terrorisme, ATT joue un double jeu. Pour convaincre le GSPC, on rappelle aux terroristes du Sahel que la région nord du Mali n’a jamais représenté un danger pour eux, comme c’est le cas au Niger ou au Tchad où chaque incursion terroriste se casse les dents sur des armées régulières déterminées quand ce ne sont pas les tribus touaregs qui leur font la chasse. Pour Bamako, il est hors de question d’intervenir militairement et encore moins d’inquiéter ses “invités”. Au mépris de toutes les conventions et les résolutions de l’Union africaine ou de l’ONU que le Mali dit prétend respecter pour lutter contre le terrorisme dans la zone sahélienne.
Cette protection alla même aux tribunaux puisque les plaintes déposées par des Maliens du Nord contre des attaques ou du racket exercés par le GSPC se sont retournées contre eux.
Des sources touaregs se sont dit plusieurs fois scandalisées par les “protections”, dont bénéficient les groupes terroristes. L’armée malienne s’étant interposée à maintes reprises entre les Touaregs et les salafistes au profit de ces derniers.
De retour à Salzbourg, les otages autrichiens n’ont pas été trop bavards. Le gouvernement de Vienne avait placé tout son espoir entre les mains des Libyens qui ont servi, dans cette affaire, de financiers comme ils l’avaient précédemment fait dans l’affaire des 32 otages européens kidnappés par l’ex-“émir” du GSPC, Abderezak El-Para. Certains ont même tenté de convaincre Alger de libérer El-Para contre les otages autrichiens ! Mais le cynisme du président malien dans cette affaire a dépassé l’entendement. C’est tout l’appareil de l’État malien qui s’est mis au service d’une négociation, dont le GSPC en sort bénéficiaire car non seulement il profite des largesses territoriales d’ATT, mais également d’une rançon de plusieurs millions d’euros qui vont encore être injectés en armes et explosifs dans les maquis algériens.

MOUNIR B.