Le «Para» traqué

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Le «Para» traqué

El Watan, 24 août 2003

Le gouvernement allemand serait prêt à lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les ravisseurs du GSPC, dont le numéro deux de l’organisation, Haidara Abderrezak Amari El Aurassi, dit Le Para, responsables de l’enlèvement de 31 touristes européens dans le Sud algérien entre la mi-février et la mi-mai 2003.

L’information a été rapportée hier par l’AFP citant l’hebdomadaire allemand Der Spiegel à paraître demain. Les autorités allemandes, qui disposent déjà d’agents à Gao (nord-est du Mali) pourraient solliciter l’aide de l’armée algérienne pour les aider dans leurs recherches. Des soldats maliens ainsi que des agents de recherche français et américains pourraient participer à l’opération. La décision du gouvernement allemand intervient après la libération «dans des conditions mystérieuses» des 14 touristes le lundi 18 août. Comme cette rançon qu’aurait versée le secrétaire d’Etat allemand, Juergen Chrobog, aux ravisseurs d’un montant de 5 millions d’euros. L’argent proviendrait de la Bundesbank. Le gouvernement allemand, qui n’a jamais voulu faire de commentaire sur cette information, ne cache plus son embarras désormais, et veut lancer une opération de chasse à l’homme au nom de la lutte contre le terrorisme. «Il est du devoir de la communauté internationale de lutter contre cette forme de terrorisme», a indiqué Gehrard Schroeder. Le chancelier compte sur un enregistrement vidéo que les raviseurs auraient fait parvenir le 28 juillet dernier au président malien Amadou Toumani pour établir des portraits de ces derniers et ainsi engager une chasse à l’homme. Les ravisseurs exposaient leurs conditions pour la libération des otages dans cet enregistrement, selon le quotidien L’Indépendant. Le quotidien français Libération a réagi à la libération des otages en relevant le mystère qui a entouré cette affaire. «Il est difficile, notait hier le journal, de se retrouver dans une affaire où tout est mystérieux… A commencer par les conditions dans lesquelles ces touristes… se sont volatilisés» dans le désert. Selon lui, «les thèses contradictoires» distillées par Alger jusqu’à la mi-mai ont d’autant moins éclairci les choses que les autorités algériennes ont été aussi avares d’informations que Berlin, Vienne et Berne, qu’elles furent avec Paris lors de l’affaire des moines de Tibehirine en 1996. «Dans quelles conditions ont été libérés les 17 (premiers) otages ? Sur quoi les tractations entre Iyad Ag Ghali et les ravisseurs ont-elles porté et longtemps buté ?», s’interroge le journal.

Par Djamel Amrouche