Abderrezak El-Para va être livré à l’Algérie

LE GENERAL WALD, AU SUJET DE LA COOPERATION ANTITERRORISTE ALGERO-AMERICAINE

Abderrezak El-Para va être livré à l’Algérie

Le Quotidien d’Oran, 11 septembre 2004

La coopération que nous avons avec les Algériens est incroyable. Ils ont d’eux-mêmes, déjà fait du superbe travail pour contenir et défaire l’insurrection interne déclenchée par des groupes terroristes comme le GSPC» a indiqué, à Reuters, le général Charles Wald, commandant en chef-adjoint des forces américaines en Europe (Eucom). Il est rare que les militaires américains soient aussi dithyrambiques pour qualifier la qualité de la coopération antiterroriste avec un Etat, encore plus, si c’est un pays arabe. Or, dans l’entretien qu’a accordé, hier, le général Wald à l’Agence Reuters, le militaire américain est revenu sur cette coopération avec l’Algérie: «je rends hommage à l’Algérie, le Tchad et la Libye pour avoir mené une série de coups de filets contre le GSPC», estimant que: «l’Afrique présente un environnement intéressant» pour des groupes terroristes proches du réseau d’Al-Qaida. S’exprimant depuis le quartier général de l’Eucom, à Stuttgart, en Allemagne, qui coiffe une zone de 91 pays, en Europe et en Afrique, le général Wald, qui a eu à séjourner en Algérie à deux occasions, s’est également prononcé sur le sort d’Abderrezak El-Para, l’»émir» salafiste détenu par le MDJT tchadien: «il doit être présenté à la justice, de préférence en Algérie. Quand cela arrivera, ce sera une nouvelle avancée importante dans la bonne direction. Nous en sommes tout près et je pense que cela se passera dans le futur proche», a-t-il déclaré de la façon mystérieuse d’un officier qui en sait davantage sur les tractations en cours pour récupérer Abderrezak El-Para.

A ce sujet, la réaction du MDJT tchadien, notamment des officiels en exil en France, ne s’est pas faite attendre puisque les rebelles tchadiens ont indiqué à Reuters que: «nous ne pouvons pas continuer ainsi, aussi si rien ne se passe, nous serons contraints d’adopter une décision claire concernant leur sort» a déclaré Aboubakar Radjab, porte-parole du MDJT en France qui ajoutera que: «nous appelons de nouveau l’Algérie à venir les chercher (…) Nous n’avons eu aucun contact avec l’Algérie depuis juin et je ne comprends pas pourquoi cela prend autant de temps. L’Algérie dit qu’elle mène la guerre contre le terrorisme». Une manière pour le mouvement rebelle tchadien, conscient des obligations de non-ingérence d’Alger vis-à-vis de N’djamena, de mettre davantage la pression sur les militaires algériens.

Car le général Wald s’est exprimé clairement sur les connexions du GSPC en Afrique et les réseaux d’Al-Qaida en disant: «il y a des groupes qui sont en train d’émerger (…) et que je ne préfère pas nommer, aujourd’hui. Ils sont associés à Al-Qaida. On ne sait pas encore s’ils ont juré fidélité à Al-Qaida ou si Al-Qaida les a, en fait, recrutés», en faisant allusion à des mouvements rebelles de type islamiste qu’il a qualifiés de: «groupes franchisés, de groupes informes, de groupes mouvants. Nous devons être vigilants», a-t-il confié à Reuters.

Le général américain a expliqué les craintes du Pentagone en indiquant que ces: «groupes profitent de l’instabilité politique, des crises gouvernementales, des tentatives de coups d’Etat (…) ou d’une combinaison de tout cela». L’armée américaine mise sur la formation des pays africains notamment dans le domaine du tir, des techniques de communication et de navigation. Une équipe de 25 marines vient d’achever une opération de formation de 8 semaines au Tchad avant de se rendre au Niger.

Concernant les défis des militaires américains en collaboration avec l’armée algérienne, le général Wald conclura sur les dangers d’une implantation salafiste dans la bande sahélienne: «c’est un bon endroit pour ceux qui veulent opérer sans se faire remarquer, seuls et en échappant à la loi. Ceux qui veulent prendre le temps pour recruter et pour se regrouper. Voilà notre défi et voilà ce à quoi nous nous attaquons», dira le numéro 2 de l’Eucom. Ce qui revient à dire exactement: endiguer ce que Abderrezak El-para a réussi à faire dans les régions du Sahel, avant sa capture.

Mounir B.

 

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