Abderezak el-Para sera extradé et jugé en Algérie

«ABDEREZAK EL PARA SERA EXTRADE ET JUGE EN ALGERIE»

Zerhouni évoque le général Lamari

Le Quotidien d’Oran, 18 juillet 2004

«Abderezak El Para sera extradé et jugé en Algérie». C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Intérieur, Yazid Nouredine Zerhouni, dont la présence aux côtés du ministre français de la Défense, Michèle Alliot-Marie, tout au long de sa visite, a alimenté les spéculations sur l’absence du général Mohamed Lamari.

Ne voulant pas dévoiler les secrets des tractations, Yazid Zerhouni a néanmoins confirmé l’existence de «discussions» pour récupérer Amari Saïfi, alias Abderezak El Para, émir du GSPC, détenu par «un groupe rebelle au Tchad». Pour le ministre de l’Intérieur, récupérer Abderezak El Para est une «nécessité qu’on a de le rapatrier et de le juger».

Alors que l’ultimatum des services secrets libyens à l’adresse du mouvement rebelle tchadien du MDJT a largement expiré en cas de non-livraison du chef terroriste qui a écumé le Sahel avec son groupe, Alger confirme des «discussions», sans préciser si elles étaient directes ou indirectes, du moment que l’Algérie a refusé de discuter avec le MDJT, considéré comme illégal par N’djaména. Le devenir d’El Para semble scellé, puisqu’aucun Etat ne revendique dorénavant son extradition, mis à part l’Algérie.

Washington avait récemment indiqué que l’émir du GSPC devrait être «extradé dans les meilleurs délais» vers l’Algérie, alors que Berlin, qui avait délivré un mandat d’arrêt international contre El Para pour l’affaire des otages du Sahara et la mort de Michaella Spitzer, ressortissante allemande, semble avoir abandonné la partie au profit d’Alger. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’El Para se retrouve donc devant un tribunal algérien, un temps que revendique le ministre de l’Intérieur, qualifiant ces tractations de «délicates», en s’excusant de ne pas pourvoir «en dire plus». D’ailleurs, en évoquant les problèmes dans la région du Sahel en rapport avec les menaces terroristes, dont celles du GSPC, et qui inquiètent notamment les militaires américains, Alliot-Marie dira qu’«il n’y a pas de rivalité avec les Américains dans la région, et on ne sera jamais trop pour tenter de régler ces problèmes de sécurité car il y a du travail pour chacun».

Le chapitre d’El Para clos, le ministre de l’Intérieur a eu à s’expliquer sur l’absence du chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Mohamed Lamari, à la réception de la ministre française chargée de la Défense. Une question dont Alliot-Marie a eu à répondre en premier, renvoyant les journalistes au bon sens du protocole. «Je pense que j’ai été reçu par le Président Bouteflika, qui est également ministre de la Défense et qui est le plus haut niveau décisionnel en Algérie en matière de défense».

La mise au point étant faite, Zerhouni annoncera que c’est le commandant des forces terrestres, le général-major Gaïd Salah, qui assure le poste de chef d’état-major de l’ANP par intérim en l’absence du titulaire du poste, le général Lamari, «qui a le droit de prendre un congé. Il rentrera le 22 juillet», a indiqué le ministre de l’Intérieur, comme pour balayer les rumeurs de démission du locataire du MDN, dont une partie de la presse avait rapporté l’absence comme étant d’ordre conflictuel avec le Président Bouteflika.

Certaines sources avaient rapporté que le chef d’état-major de l’armée est en congé en Espagne, où il profite pour faire son bilan de santé, alors que d’autres ont rapporté qu’il s’était retiré après le 5 juillet. Une thèse qui alimente les spéculations, surtout que le général Lamari recevait, par tradition et protocole, les ministres de la Défense des Etats étrangers en visite en Algérie.

Mounir B.