Le MDJT : «Prêts à livrer El-Para sans condition à l’Algérie»

Suite aux révélations de Zerhouni sur les négociations avec les rebelles tchadiens

Le MDJT : «Prêts à livrer El-Para sans condition à l’Algérie»

par Zouaoui M. , Le Jeune Indépendant, 19 juillet 2004

Le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), un mouvement rebelle, a assuré hier qu’il était disposé à «livrer sans condition», à l’Algérie le numéro 2 du GSPC Amari Saïfi, alias Aderrezak El-Para, qu’il détient avec plusieurs autres de ses compagnons depuis mars dernier.

«Nous avons toujours dit que nous étions disposés à remettre nos prisonniers sans condition à l’Algérie», a déclaré le porte-parole du MDJT, Aboubakr Radjab-Dazi, cité par l’agence AFP. «C’est nous qui avons contacté les autorités algériennes le 27 mars dernier, dès que nous avons fait ces prisonniers», a ajouté M. Radjab-Dazi qui se trouve à Paris.

«Le seul problème qui se pose, ce sont les modalités techniques de l’opération. Tout ce que nous voulons, c’est qu’ils [les Algériens] viennent les chercher», a déclaré le porte-parole du mouvement rebelle. Ce responsable du mouvement tchadien tenait ses propos au lendemain de l’annonce par le ministre de l’Intérieur, Nouredine Yazid Zerhouni, de tractations avec le MJDT en vue du rapatriement d’El-Para en Algérie.

Lors d’une conférence de presse conjointe tenue, avant-hier, à la résidence El-Mithaq avec Mme Michèle Alliot-Marie, ministre français de la Défense, M. Zerhouni qui répondait à la question d’un journaliste, avait révélé l’existence de «discussions» avec le mouvement rebelle tchadien en vue de rapatrier le numéro 2 du GSPC pour qu’il soit jugé par une juridiction algérienne.

Le ministre de l’Intérieur qui s’était abstenu de fournir davantage de détails sur ses discussions a confirmé, par conséquent, officiellement la présence d’El-Para dans le Tibesti tchadien et le fait que l’Algérie soit le seul interlocuteur du MJDT.

Les autorités algériennes avaient lancé un mandat d’arrêt international contre El-Para suite à l’enlèvement de 32 touristes européens en février et mars 2003 dans la région d’Illizi. La Libye qui était donné comme intermédiaire dans ses tractations avait fixé, selon un responsable du mouvement, il y a quelques jours, un ultimatum de 48 heures aux rebelles tchadiens pour qu’ils lui livrent les membres du GSPC, sous peine de représailles militaires.

Un incident qui n’a donné lieu à aucun rebondissement dans cette affaire. Un responsable du MJDT, Brahim Tchoumat, avait récemment fait savoir que son mouvement avait pris contact avec les autorités algériennes pour leur remettre El-Para et son groupe estimé à une vingtaine d’éléments.

Leurs interlocuteurs, avait-il affirmé, ont exigé de son mouvement le transfert du groupe jusqu’aux frontières algériennes, ce que le MJDT a refusé de faire. Dès la confirmation de son arrestation, le département d’Etat américain, par la voie de son porte-parole, Richard Boucher, avait sommé le mouvement rebelle tchadien de remettre aux autorités algériennes les terroristes du GSPC, affiliés au réseau El-Qaïda.

Z. M.