Le Mali accuse l’Algérie de violation de son espace aérien

SELON L’AGENCE DE PRESSE FRANÇAISE

Le Mali accuse l’Algérie de violation de son espace aérien

Le Quotidien d’Oran, 4 octobre 2003

Le ministre malien de la Défense a accusé l’armée algérienne d’avoir violé l’espace aérien malien à la recherche des terroristes du GSPC. Une information à laquelle n’a pas réagi le MDN.

« Des appareils militaires algériens, à la recherche de terroristes islamistes le long de nos deux frontières, ont survolé sans autorisation notre pays, dans la région de Timétrine, à l’ouest du massif de l’Adrar» (dans le nord du Mali), a déclaré à l’AFP un responsable du ministère malien de la Défense.

Cette source ajoute que l’aviation militaire algérienne était à la recherche de « terroristes islamistes » probablement le groupe du GSPC de Abderezak El para. Les militaires maliens semblent avoir mis « 48 heures pour confirmer cette information » dont l’AFP a localisé le survol sur la localité de Inabag.

Cette réaction du ministère malien de la Défense laisse perplexe. Le général de corps d’armée, Mohamed Lamari, qui s’est rendu récemment à Bamako avait reçu des assurances du président malien, Amadou Toumani Touré, que les autorités maliennes allaient contribuer au règlement du problème des déplacement des groupes terroristes le long des frontières algéro-maliennes et comptait, apparemment, sur le dispositif militaire algérien déployé dans cette zone sous le commandement du commandant de la 6ème région militaire. Mais l’attitude malienne prête à interrogation. Alors que le président ATT avait donné, aussi, des garanties à Jurgen Chrobog, le secrétaire-adjoint allemand aux affaires étrangères que la traque des terroristes du GSPC allait être permise sur leur territoire, des sources militaires maliennes avaient indiqué, juste après le règlement de la crise des otages européens, que Bamako n’accorderait pas l’asile aux ravisseurs, mais ne les pourchasserait pas non plus. Ce qui a laissé sceptique plus d’un observateur, notamment les autorités allemandes qui mettent un point d’honneur à retrouver Abderezak El para, le cerveau de l’opération de kidnapping des 32 touristes sont 17 Allemands.

Car sur le volet de la coopération miliaire et judiciaire algéro-allemande, les choses semblent avancer rapidement. L’émir Mokhtar Belmokhtar, l’émir salafiste du Sud, soupçonné d’avoir fourni la logistique au groupe de Abderezak le para, vient de faire l’objet d’un mandat de recherche émis par interpol.

Au même moment, le parquet fédéral général de Karlshrue, qui instruit cette affaire, vient de délivrer quatre mandats d’arrêt contre Abou Hafs (nom de guerre de Abderezak le para), et trois de ses lieutenants connus sous un nom de code ; « Hassan », « Jacob » et « Osman ». Ces suspects font partie du groupuscule « Tarek Ibn Zyad », fondé en novembre 2002, par Ammari Saïfi et qui comprend 50 terroristes salafistes, dissidents du GSPC de Hassan Hattab qui se sont spécialement ralliés afin de monter et participer à cette opération qui aurait rapporté au groupe 5 millions d’euro.

Le double jeu des Maliens, offusqués par l’attitude algérienne, vient du fait que Bamako craint de subir les représailles des salafistes algériens installés autour de Kidal en cas où elle s’impliquerait dans la traque menée conjointement par les militaires et les services algériens et allemands. Les conflits tribaux qui déchirent le nord du Mali, entre Maures et Touaregs notamment, la contrebande exacerbée et le trafic d’armes qui sévissent dans cette région a poussé Bamako à délaisser le problème puisque aucune présence militaire malienne notable n’est à signaler dans la région de Kidal et il faut aller à Gao pour retrouver trace d’une garnison malienne. L’impréparation des troupes maliennes, le manque d’appareils de surveillance (avions, radars, balises) et l’absence de volonté politique du Mali ne contribuent pas à régler définitivement le dossier de la présence terroriste sur leur territoire. Une présence qui menace la sécurité et la stabilité des frontières sud-est algériennes et permet des infiltrations croissantes d’armes et de groupes vers le Nord.

Mounir B.