Des éléments du GSPC entre les mains des Libyens

Livrés ou capturés par le MDJT tchadien ?

Des éléments du GSPC entre les mains des Libyens

La Nouvelle république, 6 juillet 2004

Cette annonce faite par le MDJT fait suite aux déclarations des autorités libyennes faisant état de la capture par leurs forces armées de deux éléments du GSPC après des combats à la frontière avec le Tchad. Cette information avait été relayée par le journal français Le journal du dimanche qui faisait état de onze membres du GSPC entre les mains des Libyens. La remise de ces deux hommes aux Libyens indique-t-elle une entremise libyenne pour négocier les membres du GSPC entre les mains du MDJT ? Cela est fort possible d’autant qu’un porte-parole du MDJT a indiqué clairement que les combats signalés par les Libyens sont «imaginaires» et que la Libye devait remettre ces deux hommes à un pays tiers mais ne l’a pas fait.
Il reste que ce premier lot de prisonniers devait être suivi par d’autres mais le fait que la Libye refuse de remettre à qui de droit les prisonniers met un terme à ce qui semble être un échange, a indiqué le même porte-parole du MDJT à l’AFP.
Faut-il (ou fallait-il) s’attendre à ce que Amari Saïfi, alias El Para, présenté comme numéro 2 du GSPC, puisse être remis aux autorités algériennes par le biais des Libyens ?
Abderrezak El Para avait été annoncé comme capturé par le MDJT et il apparaissait que l’on négociait âprement une rançon pour le remettre aux autorités allemandes. Cette hypothèse avait été confirmée par un porte-parole d’une cour allemande il y a quelques semaines.
L’annonce avait été suivie par la déclaration de Richard Boucher, porte-parole du département d’Etat américain qui indiquait qu’El Para devait être remis aux autorités algériennes. Une déclaration qui devait peser de tout son poids et donner la direction des actions à entreprendre pour l’ensemble des intervenants (officiels ou non) dans cette affaire. L’Amérique est pour l’Algérie en d’autres termes et n’approuve pas les possibles négociations notamment avec les autorités allemandes pour la remise à une autorité officielles d’El Para.
De toute évidence, le MDJT essaye de monnayer les membres du GSPC tombés entre ses mains. S’il est évident que pour l’Algérie il n’est nullement question de payer pour récupérer El Para, pour d’autres pays, il n’est pas possible de négocier directement avec ce mouvement rebelle, apparenté forcément aux terroristes. La Libye peut constituer par ailleurs un excellent intermédiaire, notamment par son implication au Tchad et les actions que ses troupes y ont menées. On a fait état récemment de la libération d’El Para qui aurait négocié lui-même sa libération, moyennant une rançon. Le GSPC activant dans la région du Sahel n’étant pas à court d’argent depuis qu’il a négocié la libération des touristes avec leurs pays.
Il reste que les tergiversations et les manipulations auxquelles on se livre concernant les membres du GSPC capturés, risquent à terme de transformer tout cela en un cas rare de traite d’êtres humains et de poser une lourde problématique liée aux droits de l’homme.

06-07-2004
Amine Esseghir