Othman Deramchi (GSPC) arrêté par la police à Marseille

Alors que la justice française confirme l’expulsion
de deux ex-imams

Othman Deramchi (GSPC) arrêté par la police à Marseille

Par Nissa Hammadi, La Tribune, Jeudi 14 juillet 2005

La traque du GSPC commence en Europe et atteint sa vitesse de croisière dans les pays du Sahel qui bénéficient d’une aide matérielle et d’un encadrement conséquent de la part des Américains. Une source judiciaire citée par l’AFP a fait part, hier, de l’interpellation en France d’un membre du GSPC d’origine algérienne, objet d’un mandat d’arrêt européen délivré par l’Italie. Othman Deramchi, alias Abou Youssef, 51 ans, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été intercepté à Marseille lors d’une opération conjointe des policiers de la DST française (Direction de la surveillance du territoire, contre-espionnage) et des carabiniers italiens. Deramchi, qui était activement recherché par l’Italie après sa condamnation à huit ans de prison pour trafic de faux papiers en relation avec une entreprise terroriste, fait partie d’une liste des personnes proches des réseaux d’El Qaïda. Depuis quelques mois, la France soupçonne le GSPC d’inscrire son activité dans le cadre du djihad (guerre sainte) international et de la cibler particulièrement. En commentant les attentats de Londres, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, évoque la menace du GSPC sur la France et prend les précautions nécessaires en élevant le plan Vigipirate d’orange à rouge. Ces doutes sont basés essentiellement sur le contenu d’une lettre adressée le 14 octobre 2004 à Al Zarkaoui par Abdelmalek Droukdal, nouveau chef de cette organisation terroriste après l’élimination de Nabil Sahraoui. La missive en question, interceptée par les Américains et transmise aux services français, rend hommage à l’action d’Al Zarkaoui et de ses hommes en Irak, les encouragent à kidnapper les ressortissants français en Irak et à commettre des attentats sur le sol français.
L’étau se resserre également sur le GSPC au niveau des pays sahéliens. Les chefs d’état-major des armées de Mauritanie, du Mali, du Niger et d’Algérie s’attellent, en effet, à élaborer un plan antiterroriste commun avec l’aide des Etats-Unis pour faire face aux nombreuses incursions terroristes dans la région. Ces différents pays, en présence d’une délégation du commandement américain en Europe, ont tenu lundi soir dans la capitale mauritanienne une première réunion afin d’échanger «des informations utiles». La rencontre, qui a eu lieu au palais des Congrès de Nouakchott, a été placée sous haute surveillance et s’est déroulée en l’absence du Tchad.
Les responsables militaires réunis à Nouakchott ont également fait l’évaluation des exercices militaires «Flint Lock 2005», auxquels ont pris part la Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Niger et l’Algérie et qui ont eu lieu dans la région, du 6 au 26 juin dernier, sous la supervision du commandement américain en Europe.
De nouveaux programmes d’entraînement contre le terrorisme transfrontalier au Sahel dans le cadre du programme américain antiterroriste dit «Pansahel» sont envisagés. Des sources sécuritaires font part de la présence au Mali et au Niger d’une concentration des forces de 8 armées maghrébines et du Sahel, dont des troupes de l’ANP, ainsi qu’un contingent de 300 militaires américains. Une présence qui pourra être utilisée pour chasser le GSPC, lequel, grâce à la rançon payée par l’Allemagne en contrepartie de la libération des touristes européens kidnappés en 2003 dans le Sud algérien par le numéro deux de ce groupe terroriste, Abderrezak El Para, a pu renforcer ses troupes en recrutant notamment des Maliens et des Nigériens, s’armer lourdement et créer plusieurs bandes armées locales.

N. H.