Double attentat de Mercredi dernier à l’Est d’Alger

Double attentat de Mercredi dernier à l’Est d’Alger

Une cible et des interrogations

El Watan, 7 juin 2008

Si l’identification du poseur de la bombe sur la terrasse du café Le Tamaris, mercredi dernier, pourrait prendre un peu de temps, en revanche, l’identification du kamikaze qui s’est fait exploser au même moment à l’entrée de la caserne de la Garde républicaine, située quelques dizaines de mètres plus loin, n’est qu’une question de jours, voire d’heures, nous a-t-on indiqué de source sécuritaire.

Les premiers éléments de l’enquête montrent que le double attentat est l’œuvre d’au moins deux terroristes, le kamikaze et le poseur de la bombe du café Le Tamaris. Un portrait-robot de ce dernier a été établi grâce aux témoignages recueillis auprès des clients qui étaient attablés au café. Pour ce qui est du kamikaze, nos interlocuteurs ont indiqué que son identification est une question de jours, voire d’heures, du fait que les éléments de la police scientifique ont retrouvé la tête et le bras entier du terroriste, projetés sur un arbre haut d’au moins quatre mètres.

Quelques suspects sont déjà sur la liste et il ne reste qu’à convoquer les familles pour des tests ADN afin de confirmer d’une manière irréfutable l’identité du terroriste. Tous les éléments de l’enquête montrent que les terroristes avaient un plan macabre. Faire exploser une bombe à quelques mètres de la caserne, dans un café très fréquenté par les militaires, et une fois ces derniers sortis et regroupés autour de l’endroit, le kamikaze entre en action en déclenchant sa ceinture explosive au milieu de la foule. Mais le scénario n’a pas réussi pour deux raisons. La première est que le premier engin, pour une raison ou une autre, a explosé avant terme. La seconde est la vigilance et la perspicacité des sentinelles de la caserne. En effet, lorsque la bombe artisanale a éclaté sur la terrasse du café sans faire de dégâts importants, le kamikaze était à proximité de l’entrée de la caserne. Pris de court, il s’est précipité pour entrer dans l’enceinte militaire par une petite porte qui donne accès au poste de garde.

Surpris, l’un des trois militaires a fait usage de son arme. Mais c’était trop tard. Le kamikaze venait de déclencher le système de mise à feu, tuant sur le coup deux militaires et blessant grièvement un troisième qui succombera à ses blessures lors de son transfert à l’hôpital militaire. Pour l’instant, rien n’indique, nous explique-t-on, que l’explosion a été déclenchée par le terroriste lui-même ou par un système de télécommande à distance. De nombreux débris ont été retrouvés sur les lieux et seule une expertise de la police scientifique peut donner la réponse. Ce qui est certain pour l’instant, c’est le fait qu’au moins cinq suspects ont été arrêtés quelques heures après le double attentat alors que l’enquête poursuit son cours. Il est important de noter que le recours à des bombes humaines (au lieu des véhicules) s’explique par cette forte pression imposée par les services de sécurité, depuis les attentats du 11 décembre dernier, autour de la capitale, la zone la plus visée par les attentats suicide. Une nouvelle stratégie contre laquelle la riposte est très difficile et qui risque de faire davantage de victimes, parce qu’imparable.

Le choix des cibles est à chaque fois bien étudié pour s’assurer un impact médiatico-politique important. Viser la Garde républicaine à deux jours de l’ouverture de la Foire internationale d’Alger est loin d’être banal. Il s’agit d’une institution, certes militaire, mais qui assure surtout la sécurité des institutions dépendant de la Présidence. C’est donc le sommet de l’Etat qui est réellement visé, comme cela a été le cas lors des attentats du 11 décembre 2007 contre le Conseil constitutionnel, ou encore ceux du 11 avril 2007 contre le Palais du gouvernement.

Par Salima Tlemçani


L’attentat de mercredi a été perpétré par deux kamikazes

Deux gardes républicains succombent à leurs blessures

par Z Mehdaoui, Le Quotidien d’Oran, 7 juin 2008

L’attentat de mercredi, dont a été la cible une caserne de la garde républicaine à Tamaris, à l’Est d’Alger, aurait été perpétré par deux kamikazes, avons-nous appris de sources fiables.

Le premier, selon les mêmes sources, s’est fait exploser devant un café jouxtant la caserne de la Garde républicaine pour attirer les gendarmes dehors et ainsi permettre à son acolyte de provoquer un « carnage » parmi les militaires.

Mais le plan des terroristes n’a pas tout à fait fonctionné puisque les éléments de la Garde républicaine ont gardé leur sang froid, après la première explosion, ce qui a déjoué les desseins du deuxième kamikaze qui voulait se faire exploser au milieu des gendarmes qui se précipiteraient dehors.

Devant cet état de fait, le kamikaze, qui portait une ceinture d’environ 10 kg d’explosifs, selon certaines sources, n’avait le choix que de foncer sur le portail de la caserne et d’actionner sa charge.

Le bilan, arrêté hier, faisait état de la mort de deux gendarmes qui ont succombé à leurs blessures. Ces derniers se trouvaient devant le poste de police au moment où le deuxième terroriste a actionné sa charge explosive.

L’on dénombre également quatre blessés parmi les gendarmes appartenant au corps de la Garde républicaine ainsi que trois autres blessés civils, touchés par les éclats provoqués par l’attentat suicide devant le café.

D’après des sources médicales, les blessés, qui avaient été transportés vers les différents hôpitaux de la capitale, sont hors de danger. Certains, souligne la même source, ont même regagné leur domicile hier.

En tous les cas, les observateurs de la scène sécuritaire étaient unanimes pour dire que l’attentat a été déjoué grâce à la vigilance des services de sécurité qui semblent s’adapter à la nouvelle stratégie adoptée par le GSPC depuis son « allégeance », l’année dernière, à la nébuleuse « El Qaida ».

Hier, aucun dégât apparent n’était visible sur la façade de la caserne de la Garde républicaine.

Il faut noter que le dispositif sécuritaire, mis en place à travers tout le quartier où a eu lieu l’attentat, a été levé. Une petite virée dans ce quartier nous a permis de constater que les gens vaquaient normalement à leurs occupations.

Concernant l’identité des deux kamikazes, il semblerait que l’un d’eux aurait été déjà identifié comme étant un jeune, la trentaine environ, et habitant Bourrouba du côté d’El-Harrach, dans la banlieue Est d’Alger.