Libération d’un otage français par Aqmi : la France a-t-elle payé une rançon ?

Libération d’un otage français par Aqmi : la France a-t-elle payé une rançon ?

Zahra Rahmouni, TSA, 9 décembre 2014

Enlevé en novembre 2011 au Mali par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) Serge Lazarevic, dernier otage français, a été libéré ce mardi 9 décembre.

Rançon, échange de prisonniers ou les deux à la fois ?

Les commentateurs se félicitent de l’heureux dénouement et mettent en avant les âpres négociations, menées par les services de renseignement français aidés par le Niger et le Mali. Cette nouvelle arrive peu de temps après la tentative de libération ratée par les forces spéciales américaines, de deux otages détenus par Al Qaida au Yémen. Les deux otages ont été tués.

Mais après la satisfaction, viennent les questions. Les médias français avancent que cette libération a été possible suite au paiement d’une rançon ou à un échange de prisonniers, voire les deux en même temps. L’une ou l’autre des hypothèses viendrait renforcer le mouvement terroriste, actif en Algérie et dans la région du Sahel.

Cité par le site FranceTV.info, Dominique Derda, correspondant de France 2 en Afrique rapporte : « Serge Lazarevic aurait été échangé contre deux responsables d’Aqmi ». Un journaliste de RFI affirme pour sa part, qu’il s’agit de « Touaregs d’Aqmi (…), les mêmes qui avaient organisé son enlèvement et celui de Claude Verlon en 2011″. Il s’agirait de Mohammed Ali Ag Wadossène et Heiba Ag Achérif, en détention à Bamako depuis 2011 et qui auraient été libérés ce lundi 7 décembre, d’après les propos d’un élu local au nord du Mali, rapportés par le site sahelien.com

« Paris ne paie jamais de rançon »

Pour ne pas financer les activités terroristes et favoriser les prises d’otages, la France ne payerait jamais de rançon. C’est la ligne officielle que défendent les autorités françaises, qui ne confirment ni infirment les suppositions en cours.

Mais, si à gauche comme à droite les acteurs de la politique française expriment leur soulagement, plusieurs personnalités ont d’ores et déjà mentionné le versement d’une rançon. C’est le cas, d’Alain Marsaud, député UMP des Français de l’étranger, qui affirme sur la radio France Info que « pour obtenir la libération de Serge Lazarevic, à un moment ou un autre, [La France] a été amenée à payer une rançon ou à concéder des libérations de détenus. Mais c’est normal ».

Il y a quelques jours, les médias rapportaient qu’en plus de la libération des deux prisonniers islamistes détenus au Mali, le groupe terroriste, demandait 20 millions d’euros en échange de la libération de Serge Lazarevic.

Selon les médias français, si l’Etat ne verse pas directement de rançon, il pourrait le faire via des aides au développement ou autres paiements déguisés. C’est ce qu’avançait déjà une étude du New York Times, publiée en juillet, indiquant que la France avait payé un total de 58 millions de dollars en rançons, depuis 2008.

De fait, les Français ou binationaux qui vivent dans des zones de tensions sont des cibles privilégiées pour des groupes qui souhaitent en faire des monnaies d’échange.